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28/01/2013 04:38 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Québec gèle jusqu'en avril le processus d'embauche dans la fonction publique

QUÉBEC - Avis aux intéressés: ce n'est pas le moment de postuler pour un emploi dans la fonction publique du Québec.

Le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, a confirmé lundi la décision du gouvernement de décréter un gel de l'embauche dans la fonction publique, de la mi-janvier à avril.

Le gel vaut pour le recrutement de personnel, permanent et occasionnel, à l'extérieur de la fonction publique. Cela n'affecte donc pas les mutations et promotions à l'intérieur du gouvernement, d'un ministère à l'autre ou à l'intérieur d'un ministère.

La décision permettra au président du Conseil du trésor de boucler son année budgétaire, le 31 mars, sans trop de dégâts.

En fait, Québec ne fait que reporter de quelques mois, à compter du 1er avril, donc durant la prochaine année financière, le processus de recrutement de nouveau personnel.

En entrevue téléphonique, M. Bédard a justifié sa décision par le fait qu'il s'était ajouté une impasse de 88 millions $ au trou budgétaire de 1,1 milliard $ déjà identifié cette année. Le manque à gagner de 88 millions $ a été observé dans certains régimes de retraite des employés de l'État.

Il a expliqué que le gel de l'embauche faisait partie d'un ensemble de mesures visant à mieux contrôler l'accroissement des dépenses de l'appareil gouvernemental. «C'en est une parmi tant d'autres», pour respecter les cibles imposées aux ministères et atteindre l'équilibre budgétaire en 2013-2014.

Discipline et rigueur sont les mots d'ordre, a-t-il dit. «Il y a une bonne partie du chemin parcouru et on va être capable de l'atteindre (la cible) si on garde le cap» sur le contrôle serré des dépenses, selon M. Bédard.

Le montant de l'épargne rendue possible grâce à ce gel de l'embauche de quelques mois n'a pas été calculé au Conseil du trésor.

En décembre, M. Bédard avait annoncé que la croissance des dépenses gouvernementales devait être ramenée à 1,9 pour cent en 2012-2013 et à 1,8 pour cent en 2013-2014. La commande est énorme car depuis 2003 la hausse atteignait en moyenne 4,4 pour cent annuellement.

Même si son impact est somme toute mineur, la décision du gouvernement de geler temporairement l'embauche a été accueillie froidement, tant par les syndicats que les partis d'opposition.

Selon le député de Québec solidaire Amir Khadir, le gouvernement péquiste applique les mêmes méthodes de gestion que l'ancien gouvernement libéral, ce qui n'augure rien de bon. «Les mêmes politiques, les mêmes orientations, avec une couleur différente», a-t-il résumé en point de pesse.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, est d'avis que le gouvernement aurait plutôt dû choisir de sabrer dans les budgets de certains organismes jugés moins utiles, comme les agences de la santé et les commissions scolaires.

De leur côté, les syndicats de fonctionnaires ont dénoncé l'initiative de Québec.

Le Syndicat des fonctionnaires (SFPQ) dit craindre une perte d'expertise dans la fonction publique, tandis que le Syndicat des professionnels (SPGQ) anticipe déjà une diminution des services à la population. «Ce sont les citoyens qui en font les frais», selon la présidente du SPGQ, Lucie Martineau.

Dans une perspective à plus long terme, M. Bédard a réaffirmé son intention de remettre en question le dogme du gouvernement précédent, qui avait décrété qu'on ne devait combler qu'un départ sur deux à la retraite, dans la fonction publique.

M. Bédard est loin d'être convaincu qu'il s'agit d'une mesure efficace et pertinente, dans le but de réduire la taille de l'État. Il a demandé à ses fonctionnaires un état de situation sur la question et s'est engagé à trancher dans les prochains mois à savoir s'il allait ou non maintenir cette mesure en place.