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28/01/2013 02:55 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

L'aéroport de Tombouctou repris aux mains des islamistes

AP
This picture provided by the French Army Communications Audiovisual office (ECPAD) and released Monday Jan. 28, 2013 shows Chadian soldiers securing Gao airport, north of Mali, Saturday, Jan. 26, 2013. French and Malian forces pushed toward the fabled desert town of Timbuktu on Sunday, as the two-week-long French mission gathered momentum against the Islamist extremists who have ruled the north for more than nine months. (AP Photo/Ghislain Mariette, EMA-ECPAD)

L'armée gouvernementale malienne et les troupes françaises sont entrées lundi dans la ville de Tombouctou, dans le nord du Mali, qui était aux mains des islamistes armés depuis neuf mois, selon l'Agence France-Presse.

Selon un colonel de l'armée malienne interrogé par l'AFP, les troupes franco-maliennes «  contrôlent totalement la ville de Tombouctou ». Le maire de Tombouctou aurait également confirmé la nouvelle, selon l'agence de presse.

Après avoir mené plusieurs raids aériens contre des positions rebelles dans la ville de Tombouctou, l'État-major français a annoncé tôt lundi matin détenir l'aéroport et les principaux accès de cette ville mythique du nord du Mali.

Avec la prise de Tombouctou, les troupes franco-maliennes contrôlent désormais la « boucle du Niger » qui relie les villes de Tombouctou (à 900 km au nord-est de Bamako) et de Gao (à 1200 km au nord-est de la capitale), la plus grande ville du nord du Mali.

Les militaires, qui sont accueillis en héros par la population locale, n'ont jusqu'à présent rencontré aucune résistance de la part des rebelles islamistes, selon une source militaire malienne.

« Nous contrôlons l'aéroport de Tombouctou. Nous n'avons rencontré aucune résistance. Il n'y a aucun problème de sécurité en ville », a confirmé à l'AFP un officier supérieur de l'armée.

Mais avant de quitter Tombouctou, les islamistes armés se seraient livrés à des exactions contre la population locale en plus de causer des dégâts inestimables à la ville.

Le maire de Tombouctou, Halle Ousmane, a confirmé que les islamistes avaient mis le feu à une bibliothèque contenant des milliers de manuscrits inestimables avant de fuir la ville il y a quatre jours.

« Les rebelles ont mis le feu à l'institut Ahmed Baba créé récemment par les Sud-Africains », a-t-il indiqué, précisant avoir reçu l'information de la part de son responsable des communications, qui avait quitté les lieux la veille.

Depuis le début de l'intervention militaire française, il y a 18 jours, les villes de Konna et de Douentza, situées au centre du pays, ont été reprises par les soldats français et maliens, qui ont également repris vendredi le contrôle d'une localité du nord, Hombori.

Des soldats tchadiens et nigériens contrôlaient aussi lundi les villes de Ménaka et Anderamboukane, près de la frontière avec le Niger, selon des sources militaires régionales.

Kidal, la troisième grande agglomération du Nord, tenue depuis avril par les islamistes, reste toutefois entre leurs mains. L'aviation française a cependant commencé à bombarder des positions islamistes à Kidal. Des sources font état depuis plusieurs jours d'un repli des combattants islamistes dans les montagnes de cette région de l'extrême nord-est malien.

Les chefs d'état-major de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont porté à 6000 hommes les effectifs promis dans le cadre de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA), soit 2000 de plus que prévu.

Mais pour le moment, seuls 1900 soldats africains sont arrivés au Mali, leur déploiement étant ralenti par des problèmes de financement et de logistique.

Washington, qui contribue déjà à la mission à l'aide de renseignements venant de leurs satellites, a annoncé en fin de semaine que des avions ravitailleurs seront finalement mis à la disposition de l'armée française, à la suite des demandes en ce sens de Paris.

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