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28/01/2013 10:31 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Législatives en Jordanie: la victoire des loyalistes confirmée

La commission électorale indépendante (CEI) jordanienne a confirmé lundi que les élections législatives avaient été remportées par des dirigeants tribaux, des personnalités proches du régime et des hommes d'affaires indépendants, après le boycott des Frères musulmans.

La CEI a indiqué dans un communiqué publié sur son site internet avoir "validé les résultats préliminaires des élections législatives."

Après des accusations de fraude, le président de la commission, Abdoul Ilah al-Khatib, a estimé que les élections "n'ont pas été totalement dénuées de violations ou de problèmes".

"Des élections ne peuvent pas être parfaites, et nous espérons tirer les leçons de cette expérience et nous améliorer", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. Il a estimé néanmoins que "globalement, les Jordaniens ont accepté les mesures électorales et ont exercé leur droit".

Les Jordaniens ont élu les 150 membres de la chambre basse du Parlement, dont 110 députés entrent pour la première fois au Parlement. Un quota de 15 sièges est réservé aux femmes, et trois autres candidates ont été élues en outre sur des listes mixtes.

La Commission électorale avait annoncé le 23 janvier un taux de participation de 56%.

Le roi avait souhaité que le scrutin ouvre la voie à un système parlementaire, indiquant qu'il comptait pour la première fois consulter le Parlement avant de nommer le chef du gouvernement.

Mettant en doute la validité du taux de participation et faisant état de fraudes, les Frères musulmans ont dénoncé à plusieurs reprises le manque de réformes réelles et exigé que le Premier ministre soit issu de la majorité parlementaire, et non plus nommé par le roi.

"Les élections se sont tenues sans consensus national, suivant une loi anti-démocratique et inconstitutionnelle. Les projets d'un gouvernement issu du Parlement ne sont que pure fantaisie", a estimé le bras politique des Frères musulmans, le Front d'action islamique.

"Un gouvernement de salut national, composé de personnalités auxquelles le public fait confiance, est nécessaire pour un dialogue concernant des réformes, et pour permettre au pays de sortir de la crise actuelle", a précisé le Front.

Au moins trois candidats élus ont été accusés par les autorités d'avoir acheté des voix. S'ils sont reconnus coupables, ils perdront leur siège de député et pourraient être condamnés à plusieurs années de prison.

Des organisations internationales qui ont supervisé les élections ont loué certains progrès, mettant en garde contre les allégeances locales et tribales qui entravent selon elles les efforts de réformes du roi.

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