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28/01/2013 04:12 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Iran: un chrétien irano-américain condamné à 8 ans de prison va faire appel (avocat)

Un Irano-américain converti au christianisme, condamné dimanche à Téhéran à huit ans de prison pour avoir établi des églises privées en Iran, va faire appel du jugement, a affirmé lundi dans la presse son avocat.

Une association américaine des droits de l'homme avait annoncé la veille la condamnation de Saïd Abedini, dont le procès avait débuté lundi dernier. Agé de 32 ans et naturalisé américain, il avait été arrêté en septembre lors d'une visite en Iran.

"J'ai été convoqué dimanche au tribunal, où on m'a donné le jugement, mon client est également informé (...) Il a été condamné à huit ans de prison pour avoir établi des églises à des domiciles privés, dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale", a déclaré l'avocat, Nasser Sarbazi, au quotidien Shargh.

Il a ajouté qu'il allait faire appel du jugement pendant "la période légale", soit 20 jours après l'énoncé du verdict. "La demande de libération sous caution présentée par mon client n'a pas encore été acceptée, mais je continue les démarches", a-t-il poursuivi.

M. Sarbazi avait affirmé la semaine dernière que son client pourrait être libéré "dans les prochains jours" en échange d'une caution de quatre milliards de rials (environ 115.000 dollars), et serait autorisé à quitter le pays.

L'American Center for Law and Justice, qui soutient M. Abedini, a dénoncé un procès et un jugement inéquitables car, selon l'association, l'accusé et son avocat n'ont assisté qu'à une journée de procès, et le verdict a été signifié verbalement à l'avocat, et non par écrit.

Saïd Abedini a été impliqué dans des églises privées en Iran au début des années 2000, quand de telles activités étaient en grande partie tolérées sous la présidence de Mohammad Khatami.

Après s'être installé aux Etats-Unis, il avait été arrêté en 2009 lors d'un voyage en Iran avant d'être relâché après s'être engagé à ne pas prendre part à des activités religieuses dans le pays, selon sa famille. Sa femme assure que son retour en Iran avait pour but de construire un orphelinat.

La porte-parole du département d'Etat avait répété vendredi les inquiétudes américaines quant à l'équité du procès.

La constitution iranienne reconnaît les droits de certaines minorités religieuses, dont les chrétiens, mais l'apostasie est punie de la peine capitale en vertu de la charia (loi islamique) en vigueur en Iran.

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