NOUVELLES
28/01/2013 12:41 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Guantanamo: des assouplissements mais l'audience reprend sous haute sécurité

Si les règles ont été légèrement assouplies à Guantanamo, c'est dans une salle du tribunal toujours ultrasécurisée qu'ont comparu lundi les accusés du 11-Septembre pour une nouvelle audience centrée sur les prisons secrètes où ils ont été détenus.

Après trois mois de suspension d'audience, les cinq hommes aux longues barbes, portant des tuniques blanches et coiffés de turbans, sont réapparus dans la salle high-tech conçue spécialement à leur intention en 2008 sur cette enclave isolée à l'extrêmité orientale de Cuba. Ils encourent la peine de mort pour le meurtre de près de 3.000 personnes le 11 septembre 2001.

Voilée et revêtue de noire, Cheryl Bormann, l'avocate civile du Yéménite Wallid ben Attach, a commencé par demander que son client soit libéré des chaînes qui l'entravaient. Ces chaînes accrochées au sol au pied des chaises des cinq accusés sont invisibles du jury militaire qui, d'ici plus d'un an, décidera du sort des islamistes les plus haïs des Etats-Unis.

Trois des accusés étaient arrivés entravés aux chevilles mais ont été ensuite détachés.

Devant eux, 10 caméras balayent en permanence la vaste salle d'audience où le moindre mot prononcé est enregistré. Derrière eux, des gardes militaires bloquent le passage.

Les cinq hommes sont au préalable passés sous un détecteur de métaux sophistiqué puis par les cinq cellules de rétention installées pour eux, où ils peuvent être conduits de force sur des fauteuils roulants dotés d'entraves, comme l'ont montré les autorités militaires, dans la première visite du complexe judiciaire proposée à la presse depuis des années.

Avec ses micros, son système de circuit télévisé fermé, ses écrans plats et son mobilier ultra-moderne, la salle du tribunal est "la plus avancée technologiquement au monde", a assuré John Inhoff, chargé de conduire la visite.

Pour cette nouvelle audience, les autorités militaires ont assoupli quelques règles. Elles ont "décidé de se conformer désormais à la manière dont la presse travaille dans d'autres lieux de déploiement" militaire, a déclaré à l'AFP Todd Breasseale, porte-parole du Pentagone.

Les cahiers à spirale et les stylos de leur choix sont désormais autorisés aux médias, quand ils ne pouvaient jusqu'ici se munir que de feuilles de papier libre ou d'un bloc notes sans spirale métallique.

Les téléphones, ordinateurs portables, appareils photo et d'enregistrement restent proscrits derrière l'épaisse paroi vitrée où les journalistes triés sur le volet sont cantonnés, à distance des accusés.

Là, protégés par un triple vitrage encaissant le moindre son, les médias, les organisations des droits de l'homme et les familles des victimes suivent les débats avec un différé de 40 secondes, permettant à un censeur de bloquer toute déclaration considérée top secret.

Le cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre, le Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed a gardé le silence lundi aux premières heures des débats, consacrées à la représentation des accusés et à leurs communications avec leurs avocats.

Mais à partir de mardi sera étudiée la question sensible des prisons secrètes de la CIA, où les cinq accusés ont été détenus et soumis à des interrogatoires musclés avant leur transfert à Guantanamo.

Pour la défense, ces sites "noirs", dont la localisation est inconnue, doivent être préservés car ils sont des preuves potentielles que les cinq du 11-Septembre ont été torturés.

"En premier lieu, nous devons en savoir plus sur les bâtiments, et après sur ce qui s'est passé dans ces bâtiments", a déclaré James Connell, l'avocat d'un des cinq accusés.

Comme il l'a fait précédemment, le censeur pourrait alors appuyer sur l'interrupteur marqué "Stop", déclenchant une lumière rouge signalant que les débats sont brouillés.

chv/mdm