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28/01/2013 08:43 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Egypte: l'opposition rejette l'appel de Morsi à un dialogue "vide de sens"

La principale coalition de l'opposition égyptienne a rejeté lundi un appel du président islamiste Mohamed Morsi à un dialogue national pour tenter de résoudre la crise que vit le pays après des jours de violentes émeutes, le qualifiant de "vide de sens" et "de façade".

"Nous ne participerons pas à un dialogue vide de sens", a affirmé lors d'une conférence de presse Mohamed ElBaradei, figure de proue du Front du salut national (FSN), qui regroupe plusieurs mouvements et partis en majorité de gauche et libéraux.

"Nous sommes totalement d'accord au sein du Front. Il faut remédier aux racines du problème que nous vivons, pas aux symptômes. La solution n'est pas sécuritaire, elle est politique", a-t-il ajouté après une réunion du FSN, à laquelle participaient aussi l'ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa et le troisième homme de la présidentielle de l'an dernier, Hamdeen Sabbahi.

Le Front réclame notamment que le président Morsi assume la responsabilité des violences de ces derniers jours, qui ont fait 47 morts en tout, et la formation d'un gouvernement d'union nationale, selon M. Sabbahi.

"Nous aspirons au dialogue, mais il n'y a pas de garanties pour que celui-ci soit un succès (...) alors que le sang coule", a dit M. Sabbahi lors de la même conférence de presse.

L'opposition avait déjà menacé d'appeler à de nouvelles manifestations et à une présidentielle anticipée si ses conditions n'étaient pas remplies.

M. Morsi avait appelé dans un discours à la nation dimanche soir les représentants des forces politiques, de l'opposition comme de partis islamistes le soutenant, à un dialogue à 18H00 locales (16H00 GMT) au palais présidentiel au Caire.

Il a aussi décrété l'état d'urgence dans trois provinces du canal de Suez (Port-Saïd, Ismaïliya et Suez) secouées par des violences meurtrières.

iba/hj