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28/01/2013 11:19 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Egypte: le Sénat autorise l'armée à participer au maintien de l'ordre

Le Sénat égyptien a ratifié lundi le projet de loi autorisant les autorités à déployer l'armée dans les rues pour participer avec la police au maintien de l'ordre, a annoncé l'agence officielle Mena, alors que le pays traverse une nouvelle crise après des émeutes meurtrières.

Cette loi permet à l'armée d'"appuyer les services de police (...) dans le maintien de l'ordre et la protection des installations vitales de l'Etat jusqu'à la fin des élections législatives et chaque fois que le demandera le Conseil de défense nationale", présidé par le chef de l'Etat Mohamed Morsi, selon l'agence.

Le texte donne aussi aux officiers et sous-officiers de l'armée le droit d'arrêter des civils.

De nouvelles élections législatives sont prévues dans les tout prochains mois. En l'absence d'Assemblée nationale --l'ancienne a été dissoute l'an dernier sur ordre de la justice-- c'est le Sénat, dominé par les islamistes partisans de M. Morsi, qui est investi du pouvoir législatif.

Le Sénat a ainsi amendé, à la demande du gouvernement, un décret-loi pris par le président en décembre, qui accordait à l'armée le pouvoir temporaire d'arrêter des civils. Ce pouvoir avait pris fin avec l'annonce du résultat du référendum des 15 et 22 décembre.

L'armée a dirigé le pays après la chute du président Hosni Moubarak le 11 février 2011 et a conservé le pouvoir législatif après l'accession au pouvoir en juin de M. Morsi, jusqu'à ce que ce dernier ne mette à la retraite son chef, le maréchal Hussein Tantaoui, en août.

En juin, le ministère égyptien de la Justice avait rendu à la police militaire et aux officiers des renseignements de l'armée le pouvoir d'arrêter des civils, une prérogative dont ils ne disposaient plus depuis l'expiration fin mai de l'état d'urgence.

Les militaires ont été accusés de nombreuses violations des droits de l'Homme et d'avoir jugé des milliers de civils devant des tribunaux militaires pendant leurs 16 mois au pouvoir.

iba/cnp