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28/01/2013 03:49 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Des élus américains proposent la régularisation progressive de sans-papiers

Des poids lourds du Sénat américain, dont le républicain John McCain, ont proposé lundi la régularisation sous conditions de nombre des 11 millions d'immigrés clandestins vivant aux Etats-Unis, plan qui a reçu le soutien de la Maison Blanche mais devra franchir le Congrès.

Rare collaboration entre démocrates et républicains, huit sénateurs ont dévoilé un projet de réforme migratoire, l'un des grands chantiers de l'année à la fois pour le président Barack Obama et pour les élus du Capitole.

"Nous avons encore beaucoup de chemin à faire, mais ce projet soutenu par les deux partis représente une percée majeure", s'est félicité le sénateur démocrate Chuck Schumer, disant espérer la rédaction d'un texte législatif d'ici au mois de mars et énonçant "l'objectif d'une adoption à la fin du printemps ou au début de l'été".

M. Schumer a décliné les principes de la réforme proposée, un serpent de mer législatif aux Etats-Unis ou de telles tentatives ont déjà échoué dans le passé, notamment à la fin du second mandat du président George W. Bush en 2007 et plus récemment en 2010.

Le projet prévoit un "chemin strict mais juste vers la naturalisation pour les clandestins vivant actuellement aux Etats-Unis, avec comme préalable la sécurisation de nos frontières", a-t-il expliqué. Il s'agit aussi d'appliquer une réforme migratoire qui prendra davantage en compte "les caractéristiques qui aideront à renforcer l'économie américaine".

Le plan des huit sénateurs vise en outre à "mettre un terme à l'emploi de clandestins" et à instaurer un système légal pour "accueillir les futurs employés" souhaitant venir travailler aux Etats-Unis.

M. Schumer a exprimé son optimisme sur les chances d'adoption d'une telle réforme. "Nous pensons que (2013) sera l'année pendant laquelle le Congrès la fera", a-t-il assuré, en notant que "les données politiques ont été renversées. Pour la première fois, il est plus risqué de s'opposer à la réforme migratoire que de la soutenir".

Il s'agit d'une allusion transparente aux élections de novembre, quand l'opposition républicaine à une réforme leur a coûté cher dans les urnes. Plus de 70% des électeurs hispaniques, le groupe dont l'expansion est la plus rapide, ont voté pour le président Obama face au républicain Mitt Romney.

Le président, parallèlement, était attendu mardi dans le Nevada (ouest) pour défendre une telle réforme. Ses propositions diffèrent quelque peu de celles du groupe de sénateurs, mais il "salue les efforts" de ces derniers, a affirmé son porte-parole Jay Carney.

"Le président pense qu'il est vraiment important de progresser sur une réforme migratoire complète", a ajouté M. Carney, en rappelant qu'il s'agissait de l'un des principaux arguments de la campagne victorieuse du dirigeant démocrate.

"C'est une première étape dans (une entreprise) qui continuera à être difficile mais possible", a ajouté pour sa part lundi le sénateur John McCain, l'un des quatre républicains du groupe qui compte aussi le sénateur Marco Rubio.

La participation de ce jeune quadragénaire, né dans une famille cubaine aux Etats-Unis et apprécié par les conservateurs, pourrait faciliter le passage d'une réforme migratoire à la Chambre des représentants, où nombre d'élus restent méfiants vis-à-vis d'une "amnistie" bénéficiant aux clandestins.

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