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28/01/2013 12:13 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Coupe Davis - Federer ou l'art des circonvolutions

Roger Federer a beau être le meilleur ambassadeur de Suisse, ses circonvolutions autour de la Coupe Davis commencent à en lasser plusieurs, qui regrettent de ne pas le voir mener les troupes helvétiques face aux Tchèques, tenants du Saladier d'argent, en fin de semaine à Genève.

La sélection suisse annoncée le 14 janvier pour ce premier tour du groupe mondial ne faisait aucunement mention du recordman de titres du Grand Chelem.

Régulièrement à la merci de l'icône nationale, la Fédération suisse gardait pourtant un petit espoir de le voir débarquer au dernier moment, comme ce fut le cas en septembre dernier, lorsque la Suisse était sous la menace d'une relégation.

Face à la presse, Roger Federer avait lui-même alimenté un faux suspense par l'usage du conditionnel cet automne. Alors à Melbourne, la semaine dernière, le N.2 mondial a dû mettre les choses au clair en changeant de mode de conjugaison.

"Renoncer à la Coupe Davis est une décision difficile à prendre. Mais ce choix, je l'ai arrêté depuis longtemps, une année et demie", a affirmé celui qui a dominé pendant plus de 300 semaines la hiérarchie mondiale.

Pourtant, Roger Federer avait bien fait une entorse en portant les couleurs suisses l'an dernier. Il s'était joint à Stanislas Wawrinka pour affronter les Etats-Unis à Fribourg, en terre helvète, au premier tour. Favoris, les deux hommes étaient tombés sous les balles de Mardy Fish et John Isner, ce qu'ils avaient l'un comme l'autre eu du mal à encaisser.

Selon Wawrinka, c'est en octobre, au tournoi de Shanghai, que Federer l'a avisé qu'il ne jouerait pas la Coupe Davis à Genève de manière "limpide et clair".

Si le 17e joueur mondial dit comprendre le choix de Federer, le double discours de son "pote" commence à lui peser.

"Il a toujours dit que la Coupe Davis était très importante pour lui, qu'il la plaçait au sommet de son échelle de valeurs, qu'il comptait beaucoup sur nous, que nous devions nous préparer en prévision de son retour, et que ce jour-là, il nous aiderait. Voilà pourquoi je suis autant déçu et triste", a fait valoir Wawrinka dans l'édition dominicale du quotidien "Le Matin".

Avec le N.2 et N.17e mondial, la Suisse pourrait rêver d'un trophée qu'elle n'a jamais décroché. Au lieu de cela, elle est condamnée à l'exploit face à la République tchèque de Tomas Berdych, tant derrière ses deux piliers, c'est le désert. Les billets, eux, ont dû mal à se vendre.

"Egoïsme", "manque de patriotisme" demandait à ses auditeurs la radio suisse. Si la plupart défendait la liberté de choix d'un joueur, qui, à 31 ans, a fait par son élégance et son palmarès plus que n'importe quel autre Suisse pour l'image du pays, ses contradictions n'échappent à personne.

Dans les colonnes du "Matin", le président de la Fédération suisse, René Stammbach, pointait que "des joueurs protestent contre un calendrier chargé, puis partent deux semaines en Amérique du Sud sans leur famille, pour disputer des matches exhibitions." Mais il prenait bien soin d'insister: "Roger Federer ne doit rien à la fédération, ni à son pays."

stp/ep