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28/01/2013 04:05 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

La CAQ veut autoriser des universités à fixer elles-mêmes les droits de scolarité

CP

QUÉBEC - La Coalition avenir Québec (CAQ) veut permettre aux grandes universités de hausser les droits de scolarité de «quelques centaines de millions» de dollars.

Au terme d'un caucus de ses députés lundi à Québec, le chef de la CAQ, François Legault, a dit vouloir en finir avec «la peur de l'excellence» en matière d'enseignement supérieur. Les universités qui ont une «importante mission de recherche» devraient pouvoir fixer elles-mêmes les droits de scolarité jugés appropriés, a-t-il fait valoir.

«C'est un peu comme dans le sport: oui à la participation, mais oui aussi on a besoin d'une élite. Ce sont ces élites, ces leaders qui vont nous permettre de faire avancer le Québec. Arrêtons d'avoir peur de l'excellence au Québec», a illustré le leader caquiste.

«Il y a une compétition mondiale pour attirer les chercheurs et ceux qu'on perd à l'Université de Montréal et à McGill ne sont pas les moins bons», a-t-il ajouté en point de presse.

Parmi les institutions qui devraient pouvoir fixer les droits de scolarité à leur guise figurent les universités de Montréal, McGill, Laval et Sherbrooke en plus de certaines facultés, notamment à l'UQAM. Grâce à cette nouvelle autonomie, les établissements seraient en mesure d'accroître leur financement de façon substantielle, selon M. Legault.

«Il faut parler en termes de quelques centaines de millions de dollars, mais il faut évaluer (le montant) faculté par faculté, université par université», a-t-il expliqué.

Pour les établissements du réseau universitaire «qui font moins de recherche» et qui «ne sont pas sous-financés», la CAQ suggère d'instaurer _ à coût nul _ un mécanisme de modulation des droits de scolarité en fonction du coût de la formation des étudiants.

Par exemple, les étudiants inscrits en sciences humaines profiteraient d'une diminution de leur facture alors que ceux inscrits en génie ou en médecine subiraient une hausse de leur note de frais. Il est incongru, a soutenu M. Legault, que des étudiants paient 40 pour cent du coût de leurs études alors que d'autres assument à peine 10 pour cent du coût de leur formation.

«On veut ramener (la proportion) autour de 15 à 20 pour cent pour que ce soit équitable», a-t-il dit.

À ceux qui vont lui reprocher de vouloir créer un réseau universitaire «à deux vitesses», M. Legault a déjà préparé sa réplique. L'accessibilité aux études supérieures peut être maintenue avec le régime de prêts et bourses «bonifié avec remboursement proportionnel au revenu» que propose la CAQ, a-t-il argué.

M. Legault a toutefois convenu que les propositions de son parti ont bien de peu de chances de se retrouver au programme du Sommet sur l'enseignement supérieur, les 25 et 26 février.

«C'est le problème de Pierre Duchesne (ministre de l'Enseignement supérieur) et du Parti québécois. Ils ont fait un débat essentiellement sur l'accessibilité. Personne n'a parlé de la qualité de l'enseignement, personne n'a parlé des défis de l'Université de Montréal versus l'Université de Toronto. Il faut être capable de sortir de ce débat (sur l'accessibilité). Est-ce que le PQ va en être capable? Disons que c'est mal parti», a-t-il constaté.