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28/01/2013 08:15 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Research in Motion joue son avenir avec le BlackBerry 10

FILE - In this Sept. 25, 2012 file photo, Thorsten Heins, President and CEO of Research in Motion, gestures while talking about the messenger capabilities of the new BlackBerry 10 at the BlackBerry Jam Americas conference in San Jose, Calif. BlackBerry-maker Research In Motion, which is already struggling with plunging sales, on Thursday, Dec. 20, 2012 said it lost subscribers for the first time in the latest quarter, as the global number of BlackBerry users dipped to 79 million and the stock plunged in after hours after the company said it will change the way it shares revenue with carriers. (AP Photo/Eric Risberg, File)
AP
FILE - In this Sept. 25, 2012 file photo, Thorsten Heins, President and CEO of Research in Motion, gestures while talking about the messenger capabilities of the new BlackBerry 10 at the BlackBerry Jam Americas conference in San Jose, Calif. BlackBerry-maker Research In Motion, which is already struggling with plunging sales, on Thursday, Dec. 20, 2012 said it lost subscribers for the first time in the latest quarter, as the global number of BlackBerry users dipped to 79 million and the stock plunged in after hours after the company said it will change the way it shares revenue with carriers. (AP Photo/Eric Risberg, File)

Jadis leader du marché des smartphones, désormais joueur mineur face à Apple et Samsung, le canadien Research in Motion joue son avenir la semaine prochaine en lançant sa nouvelle gamme de téléphones et son nouveau système d'exploitation, BlackBerry 10.

La société, qui a vécu ces cinq dernières années une descente aux enfers, a convié mercredi journalistes et analystes à un grand lancement à New York débutant à 15H00 GMT et retransmis simultanément à Toronto, Londres, Paris, Johannesbourg et Dubaï.

Un an après le départ des deux fondateurs et co-dirigeants de RIM, Jim Balsillie et Mike Lazaridis, ce sera l'épreuve de vérité pour le PDG Thorsten Heins.

Reprenant le vocabulaire cher au grand rival Apple, cet Allemand passé par Siemens doit animer une "Keynote", une présentation magistrale des nouveaux produits BlackBerry, lancés avec trois ans de retard par rapport aux prévisions initiales.

"Nous avons pris le temps de construire une plateforme fiable pour les dix prochaines années", a expliqué récemment M. Heins à Die Welt.

"La haute direction savait qu'ils n'avaient qu'une chance pour sortir ce produit et qu'en termes de recherche et développement, ils n'étaient pas au point", explique à l'AFP François Morin, président du cabinet conseil canadien M2M Digital.

Ce retard a coûté cher à l'entreprise établie au sud de Toronto: sa part de marché a glissé de 10,3% à 6% entre 2011 et 2012, selon le cabinet IDC, se faisant même dépasser par Nokia et HTC. A l'inverse Samsung a consolidé sa position de leader des smartphones, avec 39,6%, et Apple s'adjuge désormais un quart du marché.

Un système d'exploitation très attendu

"La partie n'est pas perdue, mais c'est la dernière chance pour Research in Motion", juge François Morin, qui a récemment eu sous les yeux le nouveau BlackBerry.

Au faîte de sa puissance, en 2008, le titre RIM valait 144 dollars. Entre l'arrivée de l'iPhone et des pannes mondiales à répétition, il s'échange désormais autour de 18 dollars, ce qui marque toutefois une hausse de plus de 160% en six mois.

Car pour freiner l'hémorragie et convaincre que RIM n'avait pas dit son dernier mot, le groupe a distillé ces dernières semaines des informations sur ses futurs téléphones.

Le clavier physique, qui faisait la force des BlackBerry, est conservé, mais certains appareils auront à la place un clavier tactile.

Très attendu, le nouveau système d'exploitation doit notamment permettre d'utiliser jusqu'à huit applications à la fois, ce qui est impossible avec l'iPhone.

RIM a en outre indiqué cette semaine que son nouveau navigateur internet repose sur la technologie HTML5, qui permet une intégration poussée des contenus multimédias et interactifs.

Des blogs spécialisés ont par ailleurs affirmé qu'il serait possible de lire du contenu Flash, ce que ne permettent pas l'iPhone et l'iPad d'Apple, en bisbille avec la société Adobe qui a créé ce format.

Il devrait en outre être possible de se servir des BlackBerry pour payer ses achats, grâce à une entente avec Visa.

Reste la question des applications: Apple en propose plus de 700.000, soit 10 fois que ce qui est disponible sur BlackBerry World, le nouveau portail de RIM pour télécharger ces mini-logiciels, mais aussi --c'est une nouveauté--, des vidéos ou de la musique.

Pour combler ce retard, les dirigeants de RIM "ont même payé des programmeurs pour convertir leurs applications pour BlackBerry, je n'ai jamais vu ça", note François Morin.

BlackBerry réussira-t-il à redevenir à la mode? Il semble jouable de regagner le coeur des hommes affaires car ces derniers ont "toujours perçu l'iPhone comme un outil de divertissement", indique M. Morin.

Pour le PDG de RIM, interrogée par Die Welt, "ce qui importe pour le moment, c'est de lancer BlackBerry 10 avec succès. On verra pour la suite".