NOUVELLES
28/01/2013 05:51 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Au moins 11 journalistes réformateurs arrêtés en Iran

Au moins onze journalistes iraniens, travaillant en majorité pour des médias réformateurs, ont été arrêtés pour des accusations liées à la sécurité, a annoncé lundi le ministre de la Culture Mohammad Hosseini.

"Nous enquêtons sur les conditions de détention des journalistes et la raison de leur arrestation", a-t-il expliqué, cité par l'agence de presse Isna.

"Il semble qu'ils aient été arrêtés pour des accusations liées à la sécurité, et non pas pour des violations de la réglementation sur les médias", a ajouté M. Hosseini, dont le ministère s'occupe des accréditations professionnelles et supervise le travail des médias.

Selon l'agence de presse Fars, ces journalistes, dont des femmes, qualifiés de "proches du mouvement antirévolutionnaire", ont été arrêtés dimanche "dans le cadre d'un mandat émis par le pouvoir judiciaire".

Ils sont soupçonnés de "collaboration avec des médias antirévolutionnaires en persan", a indiqué de son côté l'agence Mehr, sans autre détail.

Les médias étrangers diffusant leurs programmes en persan, comme BBC Persian, Voice of America et Radio Free Europe/Radio Liberty's Radio Farda, sont accusés par Téhéran de participer au "complot" occidental pour déstabiliser le régime iranien.

Selon Fars, les journalistes Javad Daliri, Sasan Aghaei, Nasrin Takhayori, Milad Fadaei, Soleiman Mohammadi, Pouria Alami, Pejman Mousavi, Motahareh Shafiey, Narges Jodaki, Akbar Montajabi et Emily Amraei "font partie des personnes arrêtées".

Ils "travaillent pour les quotidiens Shargh, Arman, Bahar et Etemad, l'hebdomadaire Aseman (réformateurs, ndlr) et l'agence Ilna", spécialisée dans les questions du travail, a-t-elle ajouté.

Selon Mehr, les journalistes "ont été arrêtés sur leur lieu de travail" et les arrestations ont été confirmées par les responsables des différentes publications.

Le parquet de Téhéran devait s'exprimer "rapidement" sur ces arrestations, ont précisé les médias.

Des centaines de responsables de l'opposition, d'avocats, de journalistes, de cinéastes, de défenseurs des droits de l'Homme et de militants politiques ou syndicaux sont détenus en Iran, notamment depuis les imposantes manifestations contre la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), 45 journalistes étaient emprisonnés en Iran en décembre 2012. Plusieurs journaux ont également été fermés ces dernières années sur décision de la justice contrôlée par les conservateurs.

bur/cyj/tp