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28/01/2013 01:11 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Angela Merkel, "la chef de l'Europe" star du Sommet UE-Amérique latine de SantiagoB

La presse chilienne l'a surnommée la "chef de l'Europe" et sa voiture blindée transportée spécialement d'Allemagne a fait sensation: Angela Merkel, la chancelière allemande a dominé le Sommet UE-Amérique latine qui s'est conclu dimanche à Santiago.

L'hôte de la rencontre, le président conservateur chilien Sebastian Pinera a, pour sa part, rendu un hommage appuyé à la responsable allemande qui réalisait parallèlement la première visite au Chili en 22 ans d'un chancelier allemand.

"En ces temps difficiles, nous avons vu comment la chancelière Merkel a su diriger son pays et contribuer au leadership en Europe et dans le monde avec ces qualités: vision de l'avenir, force et persévérance", s'est-il écrié après son entretien avec son homologue.

"Elle ne pouvait être absente" de ce Sommet, assure pour sa part Hector Casanueva, directeur du Centre Latino-americain pour les Relations avec l'Europe (Celare).

"Dans le domaine politique, le leadership est fondamental", dit-il à l'AFP et "la chancelière Merkel possède ces qualités de leadership, non seulement pour l'Europe mais aussi le reste du monde, au delà du fait que l'on soit d'accord ou pas avec elle ou les politiques qu'elle mène", souligne l'analyste.

A peine arrivée dans la capitale chilienne, Mme Merkel, qui venait de participer au Forum Economique de Davos à quelque 10.000 km de l'Amérique australe, a affirmé "vouloir porter à un autre niveau les relations entre la Celac et l'UE pour parvenir à une association stratégique d'égal à égal".

Il s'agissait du premier sommet sous l'égide de la Celac (Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes), l'entité régionale fondée lors du Sommet de Caracas en décembre 2011 sous l'impulsion du président vénézuélien Hugo Chavez, et septième rencontre entre l'Europe et l'Amérique latine, la dernière à Madrid en 2010.

La présence de Angela Merkel a relégué au second plan les responsables de la zone euro présents à qui elle a réitéré son appel à engager des réformes structurelles pour assainir l'économie de l'Union.

"Une politique d'expansion économique signifie que tous les pays doivent offrir des produits intéressants à vendre dans le monde entier, et l'Amérique latine, qui entretient des liens étroits avec l'Espagne et le Portugal, est un marché offrant à une industrie compétitive de ces pays du Sud de l'Europe", a-t-elle indiqué.

A Santiago, elle a multiplié les réunions bilatérales avec les leaders de poids de la région, dont la présidente du Brésil, sixième puissance économique mondiale, Dilma Rousseff, le président mexicain Peña Nieto et la présidente argentine Cristine Kirchner.

Dans le cadre bilatéral, elle a signé un accord de coopération avec le Chili pour l'exploitation minière. Le Chili est le premier producteur mondial de cuivre, avec environ 11% de l'offre mondiale.

La chancelière, qui était accompagnée à Santiago d'un groupe d'hommes d'affaires allemands, a indiqué vouloir "augmenter" la présence allemande au Chili et a souligné lors du "Sommet des affaires- UE/Celac" avoir participé à quatre sommets entre les deux blocs régionaux.

Pour Ricardo Israel, politologue de l'Université du Chili, "il est assez remarquable qu'Angela Merkel soit venue car de par sa personnalité elle n'aime pas tellement ce genre de réunions".

"Rares sont les leaders allemands qui viennent en Amérique latine", dit-il à l'AFP, relevant néanmoins qu'il existe "un lien historique entre les deux pays en raison des colonies allemandes dans le sud du pays" remontant à 1850.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui briguera un troisième mandat à l'automne 2013, atteint des records de popularité dans son pays.

Elle a été également élue en 2012 "la femme la plus puissante du monde" par le magazine Forbes.

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