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28/01/2013 05:18 EST | Actualisé 30/03/2013 05:12 EDT

Affaire Armstrong - Tygart-Armstrong, le match se poursuit

Le patron de l'agence américaine antidopage (Usada) Travis Tygart s'efforce d'obtenir des aveux complets de Lance Armstrong, qui oppose, pour l'instant, un refus catégorique.

Le patron de l'Usada a réagi avec vigueur à la confession télévisée d'Armstrong. Dans l'émission +60 minutes+ dimanche sur CBS, il a estimé que l'ex-coureur avait menti plusieurs fois lors de sa confession télévisée, notamment en disant qu'il était propre en 2009 et 2010 lors de son retour à la compétition. Selon Tygart, "il y a une chance sur un million" que ce soit le cas.

Celui qui a mis Armstrong à genoux après une traque de deux ans a aussi exhorté le gouvernement américain à demander des comptes au Texan en se joignant à la plainte de son ex-équipier Floyd Landis: "C'est à un jury (lors d'un procès) de décider si les dizaines de millions de dollars d'argent public utilisés par Armstrong et ses associés (de l'US Postal) doivent être remboursés."

Tygart compte sur la carotte que représente la possibilité pour Armstrong de voir sa suspension à vie réduite à huit ans pour l'amener à témoigner sous serment "sur tous ceux qui sont impliqués avec lui dans l'élaboration de cette grande tricherie".

Mais le Texan ne mord pas à l'hameçon et a fait savoir, via son avocat, qu'il n'honorerait pas la date butoir du 6 février, fixée unilatéralement par Tygart, pour se présenter devant l'Usada.

Le chasseur Tygart et sa proie Armstrong s'étaient rencontrés en toute discrétion à ce sujet en décembre. Devant la caméra d'Oprah Winfrey, Armstrong a dit qu'il ne pensait pas qu'il bénéficierait d'un allégement de sa "peine de mort", comme s'il n'était pas prêt à se confier devant l'Usada alors qu'il admet pourtant brûler d'envie de reprendre un jour la compétition, en marathon ou triathlon, car c'est "ce qu'il a fait toute sa vie".

Plutôt que devant son bourreau, Armstrong est enclin à se livrer devant une commission "vérité et réconciliation", dispositif auquel la Fédération internationale de cyclisme (UCI) vient de se rallier et qui permettrait aux coureurs de témoigner sur leurs pratiques de dopage en échange d'une amnistie.

L'UCI devait présenter lundi à l'Agence mondiale antidopage (Ama) une ébauche du cadre légal de ce dispositif pour aboutir d'ici à la fin mars.

Qu'Armstrong tourne le dos à l'institution qui lui a tout fait perdre pour se rapprocher d'une certaine manière de l'UCI risque de faire grincer des dents du côté de Colorado Springs, siège de l'Usada.

Derrière la volonté de Tygart d'obtenir les détails les plus croustillants du "programme de dopage le plus sophistiqué de l'histoire" se cache l'envie d'atteindre l'UCI et ses dirigeants de l'époque.

L'Usada soupçonne l'UCI d'avoir couvert Armstrong au temps de ses sept victoires consécutives dans le Tour de France, de 1999 à 2005.

A en croire Tygart, l'Américain rendrait maintenant la pareille à la Fédération internationale: "En gros, il (Armstrong) a exonéré l'UCI (lors de ses aveux). Le rôle joué par l'UCI dans la tricherie d'Armstrong est bien plus important que ce dernier n'a voulu l'admettre (devant Oprah Winfrey)."

Lors de l'émission +60 minutes+, Tygart n'a pas cité l'UCI. Mais il semble y penser très fort lorsqu'il affirme qu'Armstrong "avait accès à des informations privilégiées, comment les contrôles fonctionnaient, quels tests allaient être utilisés et à quel moment, un accès spécial au laboratoire... Il était sur un tout autre terrain de jeu que les autres coureurs."

Alors qu'Hollywood s'est emparé de l'affaire et prévoit un film sur la chute d'Armstrong, Tygart semble vouloir en muscler un peu plus le scénario.

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