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27/01/2013 06:37 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Verdict en appel pour le poète jugé au Qatar le 25 février

Une Cour d'appel du Qatar doit rendre le 25 février son verdict dans l'affaire d'un poète condamné à la prison à vie pour des propos jugés hostiles au régime, a indiqué dimanche à l'AFP son avocat.

"Le verdict contre le poète Mohammed Al-Ajami, sera rendu le 25 février. Le procureur général a réclamé que la sentence soit confirmée", a déclaré Me Mohammed Néjib al-Naïmi.

L'avocat, ancien ministre de la Justice au Qatar, a indiqué avoir "souligné devant le tribunal qu'il n'y avait aucune preuve que mon client ait prononcé le poème l'incriminant en public", et qu'il l'avait récité ""dans son appartement au Caire".

Un tribunal de première instance avait condamné à la perpétuité al-Ajami, alias Ibn al-Dhib, jugé sous trois accusations: "incitation contre le régime, diffamation contre le prince héritier", et "atteinte à la Constitution".

Amnesty International s'était élevée contre le verdict qui a "toutes les caractéristiques d'une atteinte scandaleuse à la liberté d'expression" et appelé à la libération du poète, présenté comme "un prisonnier d'opinion".

Le poète avait été arrêté le 16 novembre 2011 sous l'accusation d'"incitation au renversement" du régime et d'"insulte à l'émir", cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, avait indiqué fin octobre Amnesty en réclamant sa libération.

L'ONG avait indiqué que la justice du Qatar lui reprochait d'avoir écrit en 2010 un poème critiquant l'émir, mais que selon des militants du Golfe, la véritable raison de son arrestation est son "Poème du jardin", écrit en 2011 alors qu'avait commencé le Printemps arabe.

Ce poème rend hommage à la révolution tunisienne et exprime l'espoir que le changement touche d'autres pays arabes, affirmant "nous sommes tous la Tunisie face à une élite répressive".

Richissime Etat gazier du Golfe, le Qatar a été épargné par la vague de contestation qui a soufflé sur le monde arabe et se pose en champion des soulèvements anti-gouvernementaux, notamment par le biais de sa puissante chaîne satellitaire, Al-Jazeera.

Le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme s'était déclaré le 8 janvier "extrêmement préoccupé" par "le caractère inéquitable du procès", notant que plusieurs sessions se sont tenues à huis clos.

Il avait également dénoncé les conditions de détention du poète, "qui a apparemment passé plusieurs mois en isolement et y reste confiné malgré un arrêt du tribunal de première instance ordonnant sa détention dans des conditions normales".

fb/at/hj

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