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27/01/2013 10:04 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Une prison du Venezuela évacuée après une violente émeute

CARACAS, Venezuela - Les autorités du Venezuela ont terminé dimanche l'évacuation des 2000 détenus de la prison où 58 prisonniers sont morts, selon les autorités gouvernementales, à la suite de l'une des émeutes les plus meurtrières à être survenues dans un centre de détention du pays.

Plus de deux jours après les violences, la ministre des Services correctionnels Iris Varela a publié le bilan officiel des victimes, et a indiqué que 46 blessés demeuraient hospitalisés.

Selon elle, l'évacuation de la prison d'Uribana, dans la ville de Barquisimeto, a été complétée dimanche matin. Les prisonniers sont montés à bord d'autobus et ont été emmenés vers d'autres prisons.

La ministre et d'autres responsables sont apparus à la télévision alors qu'ils se trouvaient dans la cour de la prison, parmi les chiens et les chèvres que les détenus pouvaient garder.

Au dire de la ministre, la violence a éclaté vendredi lorsque des groupes de détenus armés ont commencé à tirer des coups de feu en direction de membres de la garde nationale qui se trouvaient sur place pour une inspection.

Parmi les personnes ayant péri, on retrouve des détenus, mais également deux prêtres protestants et un soldat, a précisé la ministre, avant d'ajouter que le corps de l'une des victimes avait été brûlé.

Le bilan des morts fourni par le gouvernement diffère de celui donné la veille par le Dr Ruy Medina, directeur du centre hospitalier local, qui faisait plutôt état de 61 morts et d'environ 120 blessés. M. Medina avait précisé que la quasi-totalité des blessures avaient été causées par des armes à feu.

Les proches des victimes ont pleuré les leurs lors de funérailles, tandis que les familles des survivants attendaient anxieusement de savoir où les prisonniers étaient emmenés.

L'émeute est la plus récente d'une série de heurts violents au sein des prisons vénézuéliennes surpeuplées et souvent anarchiques, où les détenus se procurent généralement des armes et de la drogue avec l'aide de gardes corrompus. Les détracteurs ont estimé qu'il s'agissait de la preuve que le gouvernement était incapable de s'attaquer à une crise nationale empirant dans ses pénitenciers.

Le Venezuela compte 33 prisons conçues pour détenir environ 12 000 prisonniers. Des responsables ont indiqué qu'environ 47 000 personnes y étaient plutôt entassées en ce moment.

La prison d'Uribana avait été bâtie pour héberger environ 850 détenus. Lorsque les actes de violence sont survenus, elle comptait environ 2400 détenus, a fait savoir Mme Varela.