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27/01/2013 12:36 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Un chrétien irano-américain condamné à huit ans de prison en Iran (association)

Un Irano-Américain converti au christianisme a été condamné dimanche à Téhéran à huit ans de prison pour sa participation à l'établissement en Iran d'églises privées, a annoncé une association américaine des droits de l'homme qui le soutient.

Selon l'American Center for Law and Justice, Saïd Abedini a été reconnu coupable d'atteinte à la sécurité nationale pour avoir pris part à la création d'églises privées il y a une dizaine d'années.

"Je suis anéantie pour mon mari et ma famille. Nous devons maintenant faire tous les efforts nécessaires (...) pour que Saïd revienne en sécurité sur le sol américain", a réagi sa femme, mère de leurs deux enfants, dans un communiqué.

Son avocat, cité par l'agence iranienne Isna, avait évoqué lundi la possibilité que M. Abedini soit rapidement relâché contre le paiement d'une caution, une déclaration que son épouse a comparée à "une torture psychologique".

Selon Jordan Sekulow, directeur exécutif de l'American Center for Law and Justice, un juge iranien a rendu dimanche son verdict verbalement, et non par écrit, comme le veut la loi.

"L'Iran a non seulement bafoué ses propres lois, mais il a aussi piétiné les fondements des droits de l'homme", a-t-il commenté.

Selon les soutiens d'Abedeni, ce dernier avait effectivement été impliqué dans des églises privées en Iran au début des années 2000, quand de telles activités étaient en grande partie tolérées sous la présidence de Mohammad Khatami.

Après s'être installé aux Etats-Unis, il avait été arrêté en 2009 lors d'un voyage en Iran avant d'être relâché après s'être engagé à ne pas prendre part à des activités religieuses dans le pays, selon sa famille.

Sa femme assure qu'il s'est tenu à cet engagement et que son récent retour en Iran avait pour but de construire un orphelinat. Il a été arrêté en septembre dernier.

La porte-parole du département d'Etat avait répété vendredi les inquiétudes américaines quant à l'équité du procès. "Nous condamnons les violations continues des droits universels à la liberté religieuse commises par l'Iran et appelons les autorités iraniennes à respecter les droits de M. Abedini et à le relâcher", avait déclaré Victoria Nuland.

La constitution iranienne reconnaît les droits de certaines minorités religieuses, dont les chrétiens, mais l'apostasie est punie de la peine capitale en vertu de la charia (loi islamique) en vigueur en Iran.

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