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27/01/2013 09:16 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Open d'Australie - Novak Djokovic, roi de Melbourne

Le Serbe Novak Djokovic est plus que jamais le roi de Melbourne où il est devenu dimanche le premier joueur de l'ère Open à remporter trois fois de suite l'Open d'Australie avec une victoire sur Andy Murray.

Avec ce quatrième sacre à Melbourne, son sixième en Grand Chelem, le N.1 mondial égale Roger Federer et Andre Agassi qui s'étaient également imposés à quatre reprises en Australie mais sans jamais réussir le triplé.

Deux champions australiens y étaient bien arrivés, Jack Crawford dans les années 1930 et Roy Emerson dans les années 1960. Mais c'était avant le début de l'ère professionnelle en 1968 à une période où le tennis n'était pas encore cet univers ultra concurrentiel et mondialisé d'aujourd'hui.

Avoir réussi la passe de trois en plein âge d'or avec des champions comme Roger Federer ou Rafael Nadal, forfait cette année, est un sacré exploit et c'est ce qu'on retiendra d'abord de cette édition, plus qu'une finale parfois robotique entre deux joueurs au style de jeu si (trop?) proche.

Vainqueur 6-7, 7-6, 6-3, 6-2 en 3 h 40, Djokovic a gagné d'abord parce qu'il a remporté le défi physique face à Murray qui a mieux commencé avant de plier, usé par son combat contre Federer en demie et gêné par des ampoules au pied.

Il n'y a pas eu de larmes, d'un côté comme de l'autre. Djokovic commence à être habitué à la victoire, sa sixième en Grand Chelem, et a accueilli celle-ci avec une explosion de joie sincère mais mesurée.

"Chaque victoire est très spéciale. Ecrire l'histoire, voir tous ces grands noms sur ce trophée, c'est terriblement excitant. J'ai 25 ans et j'ai déjà gagné six titres du Grand Chelem, c'est incroyable", a-t-il cependant assuré en conférence de presse avant de distribuer du chocolat aux journalistes.

Quant à Murray, dévasté lors de ses quatre premières finales du Grand Chelem perdues au point de pleurer deux fois, il a cette fois même réussi à sourire franchement lors de la remise des trophées. Son sacre à l'US Open, le premier pour un joueur britannique en 76 ans, est passé par là.

"C'est évident que c'est plus facile à encaisser. Personne n'a jamais gagné coup sur coup ses deux premiers tournois du Grand Chelem et je ne suis pas passé loin. Pour moi tout ça reste très positif. Ces derniers mois j'ai joué le meilleur tennis de ma vie. J'étais en finale à Wimbledon, j'ai gagné les JO et l'US Open et je suis de nouveau en finale ici", a expliqué l'Ecossais.

Pour le reste, cette deuxième finale du Grand Chelem de suite sans Federer ni Nadal ne laissera pas un souvenir impérissable.

Que Djokovic ait réussi à gagner malgré 61 fautes directes donne une idée de ce qui a manqué à cette partie, marquée longtemps par l'incapacité des deux meilleurs joueurs du monde en retour à prendre le service de l'autre.

Lorsque Djokovic y est enfin arrivé, à 4-3 dans le troisième set, le match avait déjà commencé depuis 2h50 et Murray n'a dès lors plus marqué que deux jeux, échouant à installer un bras de fer qui aurait pu illuminer la soirée.

Il faudra pourtant s'habituer à retrouver les deux hommes de 25 ans sur un même court, pour nourrir une rivalité qui ressemble plus à celle entre Mats Wilander et Ivan Lendl, coach aujourd'hui de Murray, qu'à celle entre Andre Agassi et Pete Sampras ou bien sûr celle entre Nadal et Federer.

Le retour de Nadal, dans une semaine, devrait venir brouiller les cartes lors du prochain Grand Chelem, Roland-Garros, où il reste d'office le favori. Le talent de Federer devrait lui encore faire des dégâts à Wimbledon.

Mais sur les surfaces en dur, à l'US Open et à l'Open d'Australie, ce sont bien Murray et donc surtout Djokovic qui mènent aujourd'hui la danse.

jk/bm