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27/01/2013 04:11 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Le président égyptien déclare l'état d'urgence dans trois provinces

LE CAIRE, Égypte - Le président égyptien a décrété l'état d'urgence pour 30 jours, assorti d'un couvre-feu, dans les trois provinces du canal de Suez les plus touchées par une vague de violences politiques qui ont fait plus de 50 morts en trois jours.

Mohammed Morsi, en colère et à deux doigts de crier, s'est engagé dimanche, lors d'un discours télévisé, à ne pas hésiter à agir davantage pour neutraliser la plus récente éruption de violence à travers la majorité du pays.

Au même moment, il a tenté d'assurer les Égyptiens que ses plus récentes décisions ne replongeraient pas le pays dans un climat autoritaire.

Les trois provinces en question sont Port Saïd, Ismaïliya et Suez. Le couvre-feu, lui aussi d'une durée d'un mois, est en vigueur de 21h à 6h.

Les pires violences survenues cette fin de semaine ont eu lieu dans la ville méditerranéenne de Port Saïd, où au moins 44 personnes sont mortes lors de deux jours de heurts ayant débuté samedi. L'élément déclencheur a été une condamnation en cour et une peine de mort pour 21 accusés impliqués dans une importante émeute ayant éclaté le 1er février 2012 dans le principal stade de la ville. L'événement avait fait 74 morts.

La plupart des personnes condamnées à la peine capitale étaient des amateurs de soccer originaires de Port Saïd, accentuant l'impression de persécution que les résidants de la ville ont ressenti depuis le désastre du stade, les pires violences survenues lors d'un match de soccer au pays.

Au moins 11 autres personnes sont mortes vendredi ailleurs dans le pays lors de manifestations marquant le deuxième anniversaire de la révolte qui a mené au renversement du président autoritaire Hosni Moubarak. Des protestataires ont profité de l'occasion pour dénoncer M. Morsi et son parti islamiste fondamentaliste, les Frères musulmans, qui ont émergé comme la principale force politique nationale après la chute de M. Moubarak.

M. Morsi a également invité les principales forces politiques nationales à entamer un dialogue, dès lundi, pour résoudre la plus récente crise nationale.

L'opposition, majoritairement libérale et séculière, a par le passé décliné les offres de dialogue présidentiel, arguant que M. Morsi devait tout d'abord faire preuve de la volonté de respecter certaines de leurs demandes.

Il n'y a eu aucune réaction officielle aux annonces de M. Morsi par le Front du salut national, un regroupement des principaux partis d'opposition. Certains leaders de l'opposition ont cependant participé à des entrevues télévisées où ils ont annoncé qu'ils participeraient à ce dialogue, mais seulement s'il était dirigé par une tierce partie indépendante, et s'ils recevaient l'assurance que le résultat aurait force d'obligation pour tous.

Il s'agit de la deuxième crise à frapper l'Égypte depuis novembre.