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27/01/2013 07:41 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Le Conseil de sécurité au Yémen pour soutenir la transition

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont apporté dimanche leur soutien à la transition politique difficile au Yémen, lors d'une rare visite à Sanaa où des dizaines de milliers de manifestants ont de nouveau réclamé de traduire en justice l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

La visite de cette délégation des représentants des 15 membres du Conseil, sans précédent dans la région, est destinée à "soutenir la transition politique" menée par le président Abd Rabbo Mansour Hadi, a déclaré à la presse le représentant britannique, Mark Lyall Grant.

Le Yémen est le seul des pays touchés par le Printemps arabe où un soulèvement populaire a abouti à un départ négocié du chef de l'Etat contesté Saleh.

La délégation a eu un entretien à huis clos avec M. Hadi qui, selon une source officielle, l'a informée "des étapes franchies dans la transition et des obstacles". Elle l'a assuré que "le dialogue est le seul moyen d'empêcher un retour à la violence".

Elu en février 2012 pour deux ans, M. Hadi peine à organiser une conférence de dialogue national, prévue dans le processus de transition, en raison des réticences des séparatistes sudistes, des interférences des partisans de M. Saleh et des violences attribuées souvent à Al-Qaïda.

Le dialogue vise à élaborer une nouvelle Constitution et à préparer des élections en février 2014.

"Nous avons demandé au Conseil de sécurité son appui face aux parties qui entravent la tenue du dialogue", a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie yéménite, Abou Bakr Al-Qirbi, tout en soulignant que ce dialogue allait démarrer "en février".

L'arrivée de la délégation plus tôt dans la journée a coïncidé avec une nouvelle manifestation de dizaines de milliers de personnes à Sanaa, qui ont cette fois réclamé l'aide du Conseil de sécurité pour "lever l'immunité" accordée à M. Saleh.

Les manifestants défilant à l'appel des "Jeunes de la révolution", mouvement à l'origine du soulèvement populaire qui a abouti au départ de M. Saleh, ont réclamé que ce dernier soit traduit en justice et qu'il "restitue les fonds volés", selon un correspondant de l'AFP sur place.

A Aden, la principale ville du Sud, des groupes séparatistes ont organisé un rassemblement pour faire entendre à la délégation du Conseil leur revendication d'une sécession du Sud, qui était un Etat indépendant jusqu'en 1990.

"Pas de dialogue avec l'occupation", ont scandé des dizaines de milliers de manifestants, arborant le drapeau de l'ex-Yémen du sud.

L'émissaire de l'ONU au Yémen, Jamal Benomar, a souligné que la visite des membres du Conseil de sécurité, était "un message de solidarité avec le peuple yéménite et de soutien à M. Hadi". "Nous avons accompli la moitié du chemin mais le plus délicat reste à faire".

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdellatif Zayani, parrain de l'accord de transition, a pour sa part réaffirmé le soutien des riches monarchies pétrolières au Yémen, alors que Sanaa attend quelque 8 milliards de dollars promis l'an dernier par les donateurs.

La délégation de l'ONU a rencontré les membres du gouvernement et ceux de la commission chargée de la restructuration de l'armée et des forces de sécurité, où des proches de M. Saleh demeurent influents bien que M. Hadi en ait écarté plusieurs.

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