NOUVELLES
27/01/2013 07:25 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Iran: manifestation de salariés licenciés après l'échec du rachat de Daewoo Electronics

Un millier d'employés licenciés par le groupe industriel iranien Entekhab après l'échec en 2010 du rachat de Daewoo Electronics à cause des sanctions économiques imposées à l'Iran, ont manifesté dimanche devant l'ambassade sud-coréenne à Téhéran.

Les manifestants réclamaient le remboursement d'une avance sur paiement de 70 millions de dollars (53 millions d'euros) versée par Entekhab à Daewoo Electronics, a expliqué à l'AFP Eshsan Fadai, chargé des relations avec la presse du groupe iranien.

Selon Entekhab, l'argent est bloqué par Séoul dans le cadre des sanctions bancaires contre le dossier nucléaire controversé iranien.

"70 millions de dollars, un vol en plein jour", pouvait-on lire sur une pancarte portée par les manifestants, alors que la représentation sud-coréenne était protégée par la police anti-émeute.

Après l'annulation du contrat d'acquisition, Entekhab a dû fermer les lignes de production destinées à accueillir les produits Daewoo, et licencier 1.000 des 4.000 employés de la société, selon M. Fadai.

Le Syndicat national des travailleurs iraniens a également demandé dans une lettre à l'ambassadeur sud-coréen "le remboursement de l'avance, qui a mené au licenciement des salariés d'Entekhab".

Un membre de l'ambassade a affirmé que la demande des manifestants serait relayée aux autorités sud-coréennes, selon M. Fadai, qui a dénoncé l'immobilisme de Séoul sur ce dossier malgré un précédent rassemblement fin octobre.

Daewoo Electronics, ancienne filiale du groupe Daewoo aujourd'hui disparu, est l'objet d'un programme de rééchelonnement de dette depuis la faillite en 1999 de sa société-mère.

Entekhab, basée dans la province d'Ispahan (centre) et qui fabrique des appareils électroménagers commercialisés sous les marques Snowa et Haier, avait acquis la compagnie sud-coréenne en novembre 2010 pour 518 millions de dollars (397 millions d'euros).

Mais Séoul avait annulé cette acquisition dans le cadre des sanctions.

L'acquisition était intervenue après le durcissement par Séoul en septembre 2010 de ses sanctions économiques à l'encontre de l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé. L'ONU, l'Union européenne, les Etats-Unis et plusieurs autres pays ont imposé des sanctions économiques à l'Iran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de programme civil, ce que Téhéran a toujours démenti.

fpn/cyj