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27/01/2013 02:09 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Deuxième journée de violences à Port-Saïd en Egypte: 6 morts et 467 blessés

Six personnes ont été tuées et plus de 460 blessées dimanche dans la ville égyptienne de Port-Saïd, en proie à une deuxième journée de violences provoquées par la condamnation à mort de 21 supporteurs de football locaux.

Face à cette escalade, le président islamiste Mohamed Morsi, qui a été conspué lors de funérailles dans cette ville du nord-est de l'Egypte, doit "s'adresser à la nation" dans la soirée, selon la télévision d'Etat.

Les six personnes, dont un jeune homme de 18 ans atteint à la poitrine par une balle, ont péri en marge des obsèques d'une partie des 31 victimes de samedi, selon des sources médicales. Parmi les 467 blessés, 38 l'ont été par balles.

Selon des témoins, des coups de feu d'origine indéterminée ont été entendus pendant que les dépouilles étaient transportées d'une mosquée vers le cimetière, provoquant un mouvement de panique parmi les milliers de personnes présentes puis des scènes d'émeute.

Certains participants ont lancé des slogans hostiles au pouvoir islamiste, scandant "A bas le pouvoir du Guide" des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi.

Parmi les 31 morts samedi figurent deux policiers pour qui des funérailles militaires ont été organisées au Caire. Le ministre de l'Intérieur Mohamed Ibrahim a été empêché d'y participer par des policiers en colère, selon l'agence officielle Mena.

Les violences ont éclaté après la condamnation à mort samedi de 21 supporteurs du club de football local Al-Masry, pour leur implication dans des violences ayant fait 74 morts en février 2012, après un match à Port-Saïd contre une équipe du Caire, Al-Ahly.

Des proches des condamnés à mort ont alors essayé de prendre d'assaut la prison où ces derniers sont détenus à Port-Saïd et des habitants ont aussi attaqué deux postes de police.

Selon des médecins, toutes les victimes ont été tuées par balles.

L'armée, qui a démenti avoir utilisé de telles munitions, a pris position dès samedi à Port-Saïd, ville portuaire à l'entrée nord du canal de Suez, pour protéger les bâtiments publics et les sites sensibles.

Beaucoup d'Egyptiens estiment que les violences de 2012 à POrt-Saïd ont été orchestrées par la police ou par des partisans du président déchu Hosni Moubarak.

Des habitants de Port-Saïd assurent que les condamnations à mort ont été motivées par le souhait d'éviter des troubles plus graves encore avec les supporteurs très organisés d'Al-Ahly, les "Ultras", qui avaient menacé de semer le "chaos" si le verdict n'était pas assez sévère.

"C'est un verdict politique qui a sacrifié nos enfants pour éviter le chaos. Nos enfants sont des boucs émissaires", a affirmé Achraf Sayyed.

Dès vendredi, plusieurs villes, dont Le Caire, ont connu des troubles à l'occasion du 2e anniversaire du début du soulèvement ayant conduit à la chute de Hosni Moubarak.

Les affrontements lors de cette "Journée de la Révolution" entre forces de l'ordre et opposants à M. Morsi ont fait neuf morts et des centaines de blessés à travers le pays, reflétant les profondes divisions politiques dans le pays.

Au Caire, des accrochages sporadiques continuaient d'opposer dimanche de petits groupes de jeunes à des policiers près de la place Tahrir, selon des témoins.

Des manifestants, qui ont perturbé brièvement la ligne 1 du métro, bloquaient par ailleurs la circulation sur le pont du Six-Octobre, une artère importante.

Les ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne, situées à proximité de Tahrir, ont annoncé la suspension dimanche de leurs services au public.

Des affrontements ont également eu lieu à Suez, à l'entrée sud du canal du même nom, où quatre commissariats ont été attaqués dans la nuit, selon une source de sécurité. Huit des neuf personnes tuées vendredi l'ont été à Suez.

L'opposition regroupée au sein du Front du salut national a réclamé une "solution globale" à la crise incluant un "gouvernement de salut national". Faute de quoi, a-t-elle prévenu, elle boycotterait les législatives prévues en principe en mars ou avril, et réclamerait une présidentielle anticipée.

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