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27/01/2013 06:43 EST | Actualisé 29/03/2013 05:12 EDT

Des régions rurales pourraient sentir les impacts des îlots de chaleur urbains

WASHINGTON - Les chaudes températures récemment enregistrées à New York, Paris et Tokyo pourraient avoir des répercussions sur les hivers en Alaska, au Canada et en Sibérie, révèle une surprenante étude publiée dimanche dans le journal scientifique Nature Climate Change.

Cette chaleur urbaine, due en partie aux automobiles et aux édifices, pourrait également refroidir les températures automnales dans l'ouest des États-Unis, en Europe de l'Est et dans les pays situés près de la Méditerranée, indique l'étude.

Les météorologues savent depuis un certain temps que les températures sont plus élevées dans les villes que dans les secteurs ruraux, en raison notamment de la chaleur dégagée par les voitures et les édifices, mais également de la présence d'asphalte et de toits qui absorbent la chaleur.

Pendant longtemps, toutefois, les chercheurs ont crû que ces îlots de chaleur restaient concentrés dans les villes. Mais la nouvelle recherche, basée sur un modèle informatique et sur l'étude de l'hémisphère nord, révèle que la chaleur peut se déplacer sur une distance de 800 mètres de hauteur dans l'air, après quoi son énergie peut modifier les courants d'air dans l'atmosphère et dicter les conditions météorologiques dominantes.

La circulation de l'air s'en trouve modifiée, résume Guang Zhang, de l'Institut Scripps d'océanographie de La Jolla, en Califormie. Il a coécrit la recherche avec Aixue Hu au Centre national pour la recherche atmosphérique de Boulder, au Colorado.

La situation ne devrait pas modifier les températures globales de manière importante, contrairement aux gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Elle redistribuera plutôt la chaleur, croient les scientifiques.

Les changements semblent varier en fonction des saisons et des régions, en raison de la manière dont les courants d'air circulent pendant les différentes périodes de l'année. En hiver, le courant-jet, un flux d'air rapide et concentré, est modifié et affaibli. Résultat, l'air froid demeure plus près du cercle arctique et ne chute pas aussi drastiquement, analyse M. Hu.

Le modèle informatique montre que certaines régions de la Sibérie et du nord-ouest du Canada pourraient ressentir des hausses moyennes de température allant de 0,8 à 1 degré Celcius pendant l'hiver.