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Vols en apesanteur : une liste d'attente jusqu'à fin 2014

Les deux premiers vols sont complets et les demandes en attente "permettent de couvrir tout 2013 et 2014", affirme Gilles Gompertz, directeur général d'Avico, la société choisie pour commercialiser auprès du grand public l'expérience de l'apesanteur à bord de l'A300 Zéro-G.

Malgré un prix élevé (6.000 euros), "la demande est beaucoup plus forte que l'offre", constate M. Gompertz dans un entretien téléphonique avec l'AFP.

"Aujourd'hui, on indique sur le site (www.airzerog.fr) que les vols sont fermés à la vente, mais on reçoit encore entre 5 et 10 demandes par semaine", précise-t-il.

Les deux premiers vols - le 15 mars, depuis la base de Bordeaux-Mérignac, et le 23 juin, au Bourget, pendant le Salon international de l'aéronautique et de l'espace - sont complets.

Un troisième vol aura lieu en 2013 (la date n'est pas encore fixée), puis trois autres en 2014, avec à chaque fois 40 passagers, dont une douzaine de personnes invitées par le CNES, l'agence spatiale française, qui utilisait l'avion jusqu'ici uniquement à des fins scientifiques.

"Les clients français sont ceux qui ont répondu le plus rapidement", indique le DG d'Avico, "mais les demandes des autres pays d'Europe deviennent de plus en plus importantes".

"On avait du mal à évaluer le potentiel. Là il est révélé. Il se compte en milliers de personnes rien qu'au niveau de la France, alors qu'on pensait qu'il se comptait en centaines", poursuit-il.

"Philosophiquement l'idée c'est de donner du concret au rêve spatial, pour que ce vol ait un peu la même tonalité que la Station spatiale internationale (ISS), avec un mélange de passionnés qui vient au moins de toute l'Europe".

Rêve d'espace

Gilles Gompertz définit "trois profils types" de clients : d'abord "les fanas qui rêvent d'espace depuis des années, mais qui estiment que l'apesanteur c'est déjà bien, et qui se sont précipités sur le produit dès qu'il a été disponible". Ensuite, "les personnes qui ont envie de faire un très beau cadeau à un proche et sont le plus souvent dans la mouvance aérospatiale ou aéronautique".

Enfin ceux qui aimeraient bien, mais n'en ont pas les moyens. "Là il y a une réponse possible" à travers un jeu-concours lancé par le CNES (9 places à gagner sur chacun des 3 vols 2013).

"On a plus d'hommes que de femmes, mais ce n'est pas exclusif", poursuit-il, estimant qu'on "est dans une dimension plus affective que technique".

Avico "n'a pas vraiment fait de statistiques sur l'âge". "Très clairement, le prix est une contrainte plus forte pour les plus jeunes et les 40-60 ans semblent être la tranche la plus représentée".

Interrogé sur la présence de personnalités à bord des premiers vols, M. Gompertz répond par la négative. "On a été sollicités par pas mal de gens qui souhaitaient être remontés sur les listes d'attente, même en payant plus cher", confie-t-il. "Le choix a été fait de ne pas entrer dans ce mode de fonctionnement".

La société a reçu des demandes de personnes à mobilité réduite, mais "n'a pas encore de solution". "On y travaille", indique son DG.

Avico est par ailleurs en discussion avec deux sociétés pour des lancements de produits.

Les vols grand public seront organisés sur une journée entière, le vol proprement dit durant deux heures trente environ. Il comprendra 15 paraboles, soit cinq minutes d'apesanteur cumulées.