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26/01/2013 09:42 EST | Actualisé 28/03/2013 05:12 EDT

Premiers Patriot opérationnels près de la Syrie où la violence fait rage

L'Otan a annoncé samedi que ses premiers missiles Patriot déployés à la frontière syro-turque étaient opérationnels, au moment où l'aviation du régime de Bachar al-Assad pilonnait plusieurs régions, dont un quartier de l'est de Damas.

Face aux violences qui ne faiblissent pas et poussent chaque jour des milliers de Syriens à quitter leur pays, Médecins sans frontières (MSF) a appelé les belligérants "à respecter les structures médicales" et à faciliter l'accès aux soins.

Les hôpitaux de campagne sont régulièrement bombardés en Syrie et de nombreux médecins opérant en zone rebelle y ont perdu la vie. Jeudi, "un missile est tombé à 800 mètres" de l'un des trois hôpitaux installés clandestinement par MSF dans le nord de la Syrie pays, selon l'ONG.

Les blessés "ne représentent que la partie visible d'une crise humanitaire qui affecte toute la population", estime MSF, rappelant que "le conflit a un lourd impact sur les plus vulnérables", malades chroniques, femmes et enfants.

L'Union des organisations syriennes de secours médicaux (UOSSM), des médecins travaillant clandestinement en Syrie, avait dénoncé vendredi une crise des médicaments et la réapparition de la leishmaniose et de la tuberculose.

MSF affirme en outre que le stress lié au conflit a fait augmenter le nombre de fausses couches et de naissances prématurées, notant avoir pratiqué 56 accouchements en novembre contre "plus de 150 les trois premières semaines de janvier".

Alors que l'ONU table sur 1,1 million de réfugiés d'ici juin, Londres s'est engagé à fournir 25 millions d'euros d'aide humanitaire supplémentaire pour aider les 600.000 réfugiés syriens, dont la moitié seront consacrés à aider la Jordanie qui en accueille près de la moitié.

Des experts de la Ligue arabe étaient samedi dans le royaume pour évaluer les besoins des réfugiés à quatre jours d'une réunion de donateurs à Koweït.

Samedi, les violences ont à nouveau fait 60 morts à travers la Syrie, dont 25 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins.

A Damas, selon l'ONG, les chasseurs-bombardiers du régime ont mené des raids sur le quartier de Jobar (est), tandis qu'un rebelle a péri dans des combats dans l'ouest de la capitale.

Dans la province centrale de Homs, où les rebelles tenaient fermement plusieurs localités après avoir dû abandonner une grande partie de la ville de Homs elle-même, l'aviation a bombardé leur bastion de Qousseir où au moins neuf insurgés ont péri, selon l'OSDH.

Pour les experts, le régime, bousculé par une rébellion qui s'enhardit, renforce son armement et cherche désormais à conserver à tout prix un axe allant du sud du pays au pays alaouite dans le nord-ouest et incluant Damas pour négocier une issue à près de deux ans de conflit qui ont fait plus de 60.000 morts selon l'ONU.

L'ouest de la région de Homs et notamment les fiefs rebelles de Qousseir et de Rastane en font partie.

Homs, surnommée par les militants la "capitale de la révolution", est ainsi revenue depuis dimanche au coeur des affrontements, plus d'une centaine de personnes y ayant péri en une semaine, selon l'OSDH.

Avant de revenir dernièrement à l'offensive, les troupes au sol se contentaient de pilonner les derniers quartiers rebelles qu'elles assiègent depuis plus de six mois à Homs.

Dans le nord-ouest du pays, les insurgés sont parvenus à libérer vendredi et samedi une centaine de détenus de la prison d'Idleb, capitale provinciale toujours aux mains du régime dans une région qui lui échappe en grande partie, sans toutefois prendre le contrôle du pénitencier, a rapporté l'OSDH.

Au moins dix rebelles ont été tués vendredi dans ces affrontements, a ajouté l'OSDH, qui a fait état de 168 morts à travers le pays, dont 60 insurgés et 63 soldats.

A une centaine de kilomètres au nord, la première des six batteries de missiles Patriot déployés par l'Otan en Turquie pour protéger sa frontière avec la Syrie d'éventuelles attaques a été déclarée opérationnelle samedi par l'Alliance atlantique.

Cette batterie, envoyée par les Pays-Bas, a été installée à Adana (sud-est) et "les cinq autres batteries de Patriot devraient être (...) opérationnelles dans les prochain jours", selon l'Otan.

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