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26/01/2013 07:49 EST | Actualisé 28/03/2013 05:12 EDT

Mali: les troupes françaises prennent le contrôle de l'aéroport de Gao

KONNA, Mali - Les forces françaises et maliennes ont pris le contrôle de l'aéroport et d'un pont à Gao, une ville dans le nord-est du Mali sous le joug des islamistes, ont annoncé samedi les militaires.

Cette avancée est la plus significative jusqu'à maintenant sur le territoire tenu par l'organisation affiliée à Al-Qaïda. Elle survient deux semaines après que la France eut amorcé une offensive militaire visant à chasser les extrémistes du pouvoir dans le nord du Mali.

On ne sait pas à quel type de résistance les forces maliennes et françaises feront face au cours des prochains jours.

L'armée française a annoncé sur son site Internet que ses forces spéciales, appuyées par les forces aériennes, ont mené une manœuvre aéroterrestre pour reprendre l'aéroport et le pont. Les troupes françaises ont fait face à des «éléments terroristes», précise l'armée, ajoutant qu'ils avaient été «détruits» au cours de l'opération.

Dans un autre communiqué, le ministère de la défense a annoncé que les troupes françaises et maliennes avaient «libéré» Gao et qu'elles ramèneraient le maire de la ville, Sadou Diallo, en exil à Bamako, la capitale malienne.

Un responsable de la ville interviewé au téléphone par l'Associated Press a toutefois indiqué que les militaires contrôlaient seulement l'aéroport, le pont, et les zones environnantes.

À Paris, un responsable du ministère de la Défense, a ensuite clarifié que la ville n'avait pas été complètement libérée, et que le processus pour reprendre Gao au complet se poursuivait. Les responsables ont donné ces informations sous le couvert de l'anonymat parce qu'ils n'étaient pas autorisés à parler aux médias.

Les islamistes avaient mis la main sur Gao et deux autres capitales provinciales, Tombouctou et Kidal, en avril dernier à la faveur du chaos ayant suivi un coup d'État perpétré à Bamako, la capitale malienne, dans le sud du pays.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a indiqué dans un communiqué publié samedi que les troupes françaises et maliennes avaient détruit les moyens de transport et les sites logistiques des combattants du djihad.

Selon un porte-parole de l'armée française, le colonel Thierry Burkhard, l'intervention aérienne et terrestre à Gao s'est déroulée durant la nuit. Il a ajouté que les extrémistes avaient ouvert le feu le matin et continué à tirer sporadiquement sur les forces françaises et maliennes au cours de l'après-midi.

M. Burkhard a affirmé qu'il n'avait pour le moment aucune information sur le nombre de victimes.

Depuis le début de l'intervention dirigée par la France, les islamistes ont abandonné trois importantes villes du centre du Mali, soit Diabali, Konna et Douentza.

Environ 2500 soldats français se trouvent actuellement au Mali et la France a affirmé qu'ils resteraient dans son ancienne colonie aussi longtemps qu'il le faudrait. Quelque 1750 militaires provenant des pays voisins, dont le Togo, le Nigeria et le Sénégal, sont aussi sur place.

Par ailleurs, des résidants de Konna ont raconté samedi aux journalistes les conséquences des frappes aériennes effectuées par la France pour déloger les extrémistes de la ville.

C'était la première fois que l'armée malienne permettait aux reporters internationaux d'entrer à Konna depuis l'intervention militaire qui s'est déroulée il y a deux semaines sous le commandement des forces françaises.

Souleymane Maiga, un résidant dans la vingtaine, a déclaré à l'Associated Press que quatre personnes étaient décédées le 11 janvier lors de la destruction de leur cour arrière par un bombardement.

Le maire de Konna a confirmé qu'au moins 11 civils étaient morts durant l'opération.

L'armée française a lancé l'offensive un jour après que les islamistes eurent envahi Konna. La ville est maintenant sous le contrôle des troupes maliennes.