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26/01/2013 01:12 EST | Actualisé 28/03/2013 05:12 EDT

Kathleen Wynne devient chef du Parti libéral de l'Ontario et première ministre

TORONTO, Cananda - Le Canada compte maintenant six femmes détenant le titre de première ministre, et l'Ontario a la toute première de son histoire.

À l'issue du troisième tour de scrutin, Kathleen Wynne a été élue chef du Parti libéral de l'Ontario samedi soir, succédant à Dalton McGuinty, qui a remis sa démission en octobre dernier. Ce triomphe, confirmé peu avant 20 h 30, la propulse automatiquement au poste de première ministre de la province.

Ancienne ministre des Affaires municipales et du logement et des Affaires autochtones, et homosexuelle avouée, Mme Wynne, une politicienne de Toronto âgée de 59 ans, est la 25e personnalité politique à accéder à la fonction de premier ministre de l'Ontario.

Deuxième à l'issue du deuxième tour de scrutin, Mme Wynne est parvenue à doubler Sandra Pupatello grâce au support d'une majorité de délégués qui, jusque-là, appuyaient Gerard Kennedy et Charles Sousa. Les deux candidats avaient recueilli, respectivement, 285 et 203 votes lors du deuxième tour.

Ces appuis ont permis à Mme Wynne de recueillir un grand total de 1150 votes lors du troisième tour de scrutin, comparativement à 866 votes pour Mme Pupatello, une ancienne ministre du Développement économique. Seulement quatre bulletins de vote ont dû être rejetés.

Après le deuxième tour de scrutin, Mme Pupatello avait obtenu l'appui de 817 délégués, comparativement à 750 pour Mme Wynne.

«C'était la partie la plus facile», a déclaré la gagnante, devant des délégués en liesse réunis au Maple Leaf Gardens de Toronto.

«Maintenant, nous avons des défis devant nous et nous allons devoir travailler tous ensemble.»

Mme Wynne passe aussi à l'histoire en devenant la première personne ouvertement homosexuelle à accéder à la fonction de premier ministre au Canada. Elle a d'ailleurs attaqué cette question de front lors d'un discours enflammé qui a ébloui bon nombre de délégués, samedi matin.

«La province a changé, notre parti a changé. Je ne crois pas que les citoyens de l'Ontario... aient de tels préjudices dans leur coeur», avait déclaré Mme Wynne, qui est mariée à Jane Rounthwaite, membre de l'équipe de consultants de The Osborne Group.

Mme Wynne s'était également engagée, d'ici le 19 février, à mettre fin à la prorogation de l'Assemblée législative, décrétée par M. McGuinty au moment où il a annoncé sa démission. Elle a aussi promis d'essayer de rencontrer les leaders des partis d'opposition aussitôt que possible afin de faire fonctionner du mieux possible le gouvernement minoritaire actuellement en place.

«Nous allons avoir besoin de toutes les idées issues de cette campagne, et les mettre ensemble», a déclaré Mme Wynne à la foule.

«Nous allons devoir concevoir ensemble un programme car nous devrons être prêts à tout moment pour une campagne. Mais nous allons aussi avoir besoin de ces idées pour continuer de gouverner.»

Dans la défaite, Sandra Pupatello s'est montrée gracieuse. Et elle n'a pas négligé de manifester une certaine fierté féminine.

«Je suis comblée et j'espère que vous pouvez le sentir. Lorsque je vois mon Parti libéral de l'Ontario se regrouper derrière une candidate remarquable, je suis emballée pour nous tous. Et je dois vous le dire: j'ai eu un plaisir fou. Et si vous ne vous en êtes pas rendu compte, c'est que vous ne regardiez pas, car j'ai apprécié chaque minute. Nous avons mis la pression sur les hommes, et Kathleen et moi étions devant dès le début! C'était bon!», a lancé la politicienne originaire de Windsor, sans pouvoir réprimer un rire.

Avant d'exprimer en français ses remerciements aux bénévoles de tous les coins de la province qui ont appuyé sa démarche, Mme Pupatello a lancé un appel à l'unité.

«Toutes les organisations qui ont préparé une course si remarquable afin de choisir un leader, nous avons besoin de vous. Et tenez-vous le pour dit, je vais aller vous chercher. Nous devons y arriver. Nous ne sommes pas un parti de gauche ou de droite; nous sommes un parti qui va aller de l'avant vers les citoyens de l'Ontario et leur dire qui nous sommes.»

Les cinq autres femmes à détenir la fonction de première ministre au Canada sont Pauline Marois, au Québec, Christy Clark, en Colombie-Britannique, Alison Redford, en Alberta, Kathy Dunderdale, à Terre-Neuve-et-Labrador, et Eva Aariak, au Nunavut.