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26/01/2013 08:08 EST | Actualisé 28/03/2013 05:12 EDT

Irak: les députés limitent à deux mandats les fonctions du Premier ministre

Le Parlement irakien a adopté samedi une mesure limitant à deux le nombre de mandats du Premier ministre, une démarche immédiatement dénoncée comme inconstitutionnelle par les alliés du chef du gouvernement, Nouri al-Maliki.

Un total de 170 parmi les 242 présents ont soutenu la mesure destinée à limiter à deux le nombre de mandats consécutifs du président, du Premier ministre et du président du Parlement, a-t-on appris de source officielle.

En vertu de cette mesure, M. Maliki devrait ainsi quitter son poste après les élections législatives de 2014. Mais ses partisans ont affirmé qu'elle n'était pas contraignante et qu'elle serait soumise aux tribunaux.

Le bloc laïque Iraqiya, soutenu par la minorité sunnite, la principale alliance kurde et le mouvement fidèle au chef radical chiite Moqtada al-Sadr --tous membres du gouvernement Maliki-- sont les principaux partisans de cette mesure, selon la même source qui a requis l'anonymat.

"Nous voulons juste limiter la période durant laquelle le Premier ministre peut exercer ses fonctions (...) pourqu'il n'y ait plus de dictature", a expliqué à l'AFP le vice-Premier ministre Saleh Moutlaq, haut dirigeant d'Iraqiya.

La démarche semble viser M. Maliki en particulier, le président du Parlement appartenant à Iraqiya et le président irakien à l'alliance kurde.

La Constitution ne fixe pas de limite à leurs mandats.

Les partisans de M. Maliki ont assuré que la démarche serait annulée par la justice, rappelant une décision de la plus haute autorité judiciaire selon laquelle seul le gouvernement pouvait proposer des lois, pas le Parlement.

"La cour fédérale a déjà dit au Parlement qu'il pouvait suggérer des lois mais pas les élaborer", a expliqué Khaled al-Assadi, membre de l'Alliance de l'Etat de droit, de M. Maliki. "Cette mesure ne tiendra pas devant les tribunaux", selon lui.

L'an dernier, les opposants à M. Maliki n'avaient pas réussi à faire adopter une motion de défiance à l'encontre du Premier ministre, accusé d'autoritarisme et de confessionnalisme.

En raison de la crise politique qui perdure, aucune loi importante n'a été adoptée depuis les élections de mars 2010 en Irak, où des élections provinciales clés ont lieu dans trois mois.

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