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26/01/2013 05:39 EST | Actualisé 28/03/2013 05:12 EDT

Irak: funérailles de sept manifestants anti-gouvernementaux à Falloujah

Sept manifestants tués à Falloujah par l'armée qui dispersait un rassemblement anti-gouvernemental ont été enterrés samedi dans cette ville à majorité sunnite à l'ouest de Bagdad où une nouvelle manifestation a appelé au départ du Premier ministre Nouri al-Maliki.

Il s'agit des premières victimes à imputer aux forces de sécurité irakiennes depuis le début, il y a un mois, d'une vague de manifestations de la minorité sunnite, qui proteste contre la politique du gouvernement dominé par les chiites.

Plusieurs milliers de personnes ont pris part aux funérailles.

"Ecoute Maliki, nous sommes des gens libres" ou "prends ta leçon de Bachar", scandaient des manifestants qui ont défilé après les funérailles, faisant allusion au président syrien Bachar al-Assad, confronté depuis près de deux ans à une révolte qui s'est militarisé vaste à une violente répression.

"Je ne me satisferai pas des dédommagements du ministère de la Défense", a affirmé Ali Khalaf al-Ani, dont le fils Omar a été tué. "Je veux mon fils vivant. C'est ça que je demande!".

Le ministère de la Défense s'était engagé vendredi à ce que les victimes soient dédommagées et avait annoncé l'ouverture d'une enquête.

Sept manifestants ont été tués, tous atteints par balles, et 60 autres personnes blessées, selon le docteur Assem al-Hamdani, de l'hôpital de Falloujah.

Selon la télévision publique, deux soldats ont été blessés par des tirs d'armes automatiques alors que l'armée se retirait de la ville.

Alors que des figures religieuses chiites ont exprimé leur soutien à la contestation, le Premier ministre a accusé les manifestants d'avoir fait "monter les tensions", affirmant que les soldats avaient été "attaqués" en premier.

M. Maliki avait appelé les forces de sécurité à la retenue et affirmé que les tensions actuelles étaient "exploitées", selon lui par Al-Qaïda et les "groupes terroristes".

D'autres manifestations se sont déroulées vendredi dans plusieurs autres villes du pays. Les manifestants réclament la libération de prisonniers détenus d'après eux sans inculpation et exigent l'abrogation de lois antiterroristes utilisées, selon eux, à l'encontre de la communauté sunnite par le gouvernement Maliki.

bur-psr/feb/vl