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26/01/2013 08:01 EST | Actualisé 28/03/2013 05:12 EDT

Egypte: l'opposition menace de boycotter les prochaines législatives

L'opposition égyptienne a menacé samedi de boycotter les élections législatives prévues dans les prochains mois si le pouvoir islamiste n'appliquait pas une "solution globale" à la crise que vit le pays, notamment en créant un gouvernement "de salut national".

Le communiqué du Front du salut national (FSN) intervient dans un contexte de vives tensions, alors que des violences à Port-Saïd (nord-est) ont fait 22 morts samedi.

La veille, neuf personnes ont été tuées dans des affrontements entre policiers et manifestants à l'occasion du deuxième anniversaire de la "révolution" qui a renversé Hosni Moubarak.

Le Front, principale coalition de l'opposition aux islamistes, a déploré les décès qui se sont produits au cours de ce qu'il a qualifié de "nouvelle vague révolutionnaire" et appelé les Egyptiens à manifester "pacifiquement".

Il exige notamment la formation d'un gouvernement de salut national, d'une commission de juristes pour amender la Constitution qu'il qualifie d'"illégale" et le limogeage du Procureur général nommé par le président islamiste Mohamed Morsi.

Si ces conditions, que le FSN qualifie de "solution globale" à la crise politique, ne sont pas remplies "dans les prochains jours", l'opposition "invitera le peuple égyptien à manifester pacifiquement vendredi prochain pour faire tomber la Constitution" et réclamer "l'organisation d'une élection présidentielle anticipée".

La Constitution a été adoptée par référendum en décembre dernier, mais l'opposition lui reproche d'avoir été élaborée par un commission dominée par les islamistes et d'ouvrir la voie à un affaiblissement de certaines libertés.

"Le Front a aussi décidé de ne participer aux prochaines élections législatives que dans le cadre de cette solution nationale globale", selon le texte.

Des élections pour la chambre des députés, dissoute en juin de l'an dernier, doivent avoir lieu en principe en mars ou avril, à une date non encore connue.

L'opposition fait aussi porter au président Morsi "l'entière responsabilité de la force excessive utilisée par les services de sécurité contre les manifestants".

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