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26/01/2013 04:57 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

Débat du PLQ : Couillard attaqué pour ses liens avec Arthur Porter

MONTRÉAL - Le ton a monté d'un cran au troisième débat — le seul en anglais — de la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ), samedi, alors que l'ex-ministre de la santé Philippe Couillard a été la cible d'attaques pour ses liens d'affaires avec l'ex-directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), Arthur Porter.

Pendant que le gouvernement libéral de Jean Charest combattait la corruption et élaborait des lois, M. Couillard s'associait au Dr. Porter, a lancé M. Bachand.

Le Dr Porter, qui s'est retrouvé sur la sellette, dernièrement, en raison d'allégations de scandales entourant le centre qu'il dirigeait, s'est associé à M. Couillard en 2010 pour créer une firme de consultant.

Lors du point de presse suivant le débat le plus houleux depuis le début de cette course au leadership, M. Bachand s'est défendu d'avoir été déloyal, précisant n'avoir fait que réagir aux flèches lancées par M. Couillard.

«J'ai des émotions, il m'a piqué, je lui ai dit toi, qu'est-ce que tu faisais pendant ce temps-là», a-t-il déclaré, ajoutant n'avoir rien dit qui ne soit pas de «notoriété publique».

Le député d'Outremont a ajouté qu'une personne ne devrait pas prendre pour partenaire une personne qu'elle ne connaît peu.

Devant les journalistes, M. Couillard a indiqué qu'il avait été en présence du Dr. Porter pour la dernière fois au printemps 2012, à l'occasion d'une grande réception donnée en son honneur à laquelle environ 200 personnes prenaient part.

Le neurochirurgien a précisé ne jamais avoir entretenu le mystère à propos de ses relations avec le Dr Porter. Il a ajouté que les événements attribués à l'ancien patron du CUSM, qu'il s'agisse de la mauvaise administration du centre hospitalier ou d'un projet immobilier obscur, se sont déroulés après son départ de la vie politique. M. Couillard n'aurait pas non plus participé à la nomination du Dr Porter à la tête du CUSM.

Il est d'avis que les doutes sur son intégrité sont donc «illogiques et injustes».

«J'ai hâte que les enquêtes soient terminées et si quelqu'un a enfreint la loi et commis des gestes illégaux, il devra en répondre», a-t-il poursuivi.

M. Moreau n'a pas voulu commenter la déclaration de son collègue et s'est contenté de dire qu'il n'avait aucun doute sur les réputations de MM. Bachand et Couillard.

Outre cette sortie de la part de M. Bachand, ce sont les sujets chers aux communautés anglophones — comme la question des commissions scolaires — qui ont retenu l'attention.

Les candidats se sont beaucoup attardés à la place des communautés anglophones au sein de la société québécoise.

M. Bachand a d'ailleurs déclaré que les anglophones étaient menacés par le gouvernement péquiste et qu'ils ne devaient pas se laisser berner par les «chansons» de Jean-François Lisée, en référence à la campagne de séduction que mène le ministre de la Francophonie et ministre responsable de la région de Montréal auprès de l'électorat anglophone.

Dans la même lignée, M. Bachand a proposé la création d'un poste de ministre responsable des communautés anglophones, tandis que M. Couillard a jugé qu'une telle décision ne ferait que diviser les Québécois. L'ex-ministre de la Santé a plutôt suggéré de mettre sur pied un ministère complet qui serait chargé exclusivement des enjeux touchant la région métropolitaine, comme les problèmes de transport.

Questionnés sur le fait que les priorités et les besoins des anglophones ne sont que très peu considérés par le parti, leur vote étant acquis d'avance, les trois candidats ont assuré qu'il n'en serait rien sous leur leadership.

Tout au long du débat, M. Couillard a tenu un discours basé sur l'unité. Il a dit avoir l'intention de reprendre contact avec les anglophones afin de les inclure dans le processus de modernisation du PLQ.

M. Moreau a de son côté indiqué qu'il continuerait d'être à l'écoute de tous les Québécois, peu importe leur langue, comme il l'a toujours été depuis son arrivée en politique.

C'est au moment d'aborder la question de la lutte à la corruption que le débat a pris une tournure différente et que la combativité est apparue.

Et si les débats précédents s'étaient déroulés sous le signe de la bonne entente et de la fraternité, celui-ci a été marqué par des échanges houleux et mouvementés, les trois candidats n'hésitant pas à se couper la parole et sortir leurs griffes.

«Quelques-uns de mes conseillers m'ont dit que je devais prendre ma place», a soutenu M. Bachand.

«C'est un marathon. Plus on avance, plus on est entraîné. Plus on est entraîné, plus on est combatif», a pour sa part indiqué M. Moreau.