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26/01/2013 11:49 EST | Actualisé 28/03/2013 05:12 EDT

Coupe du monde - Kitzbühel/Descente: la fête à Paris

L'Italien Dominik Paris a réalisé à 23 ans "un rêve de gamin" en remportant samedi la descente de Kitzbühel, la plus prestigieuse de la Coupe du monde, et égalé du même coup l'Américain Daron Rahlves (en 2003) dans le doublé Bormio-Kitz la même saison.

Dévalant la Streif en 1 min 57 sec 56/100e, Paris a devancé le Canadien Erik Guay, de 13/100e, et l'Autrichien Hannes Reichelt, de 36/100e.

"Je n'ai pas pris un super départ, mais je suis bien sorti du Chemin (Stielhang), emmagasinant beaucoup de vitesse. Et j'ai pu tenir une ligne haute dans la traverse", a résumé le vainqueur, flashé à 142,20 km/m dans le schuss d'arrivée.

Reichelt et Guay, qui suivaient Paris au départ, le précédaient encore de quelques centièmes jusqu'à mi-course (4e intermédiaire). "J'ai pris des risques dans le passage clé de la traverse mais je l'ai mal interprétée", a regretté l'Autrichien, qui avait partagé la victoire avec Paris le 29 décembre à Bormio.

Pour Guay, la place de dauphin est de bon augure à deux semaines de la descente des Mondiaux, à Schladming (Autriche), où il défendra son titre. Le Québécois s'est aussi réjoui du caractère international du podium.

Avec Paris, la Squadra continue à surfer sur la vague des succès, cinq cette saison et tous en vitesse. Le conquérant de la Streif égale ainsi son compatriote Christof Innerhofer, lauréat des descentes de Beaver Creek (Etats-Unis) et de Wengen (Suisse).

Innerhofer, 3e du super-G vendredi, a pris la 20e place, handicapé en s'élançant en 46e position, sanction pour avoir enfreint le règlement lors de la troisième séance d'entraînement jeudi.

"Quand on est constamment parmi les meilleurs, il est plus facile de gravir le dernier échelon. Dans l'équipe, les valeurs sont proches. Aujourd'hui, c'était le tour de Dominik. La prochaine fois, ce sera un autre. On recueille les fruits d'un long travail et les détails sont en notre faveur en ce moment. Et puis on est relativement épargnés par les blessures", a expliqué l'entraîneur Gianluca Rulfi.

Il s'en est fallu de peu que ce beau fixe ne vire au drame. Peter Fill, le plus expérimenté des Azzurri, a été miraculé à la réception d'un saut périlleux arrière bien involontaire, retourné comme une crêpe à l'entrée du Chemin (Steilhang) abordé de manière trop téméraire.

Et ce ne fut pas toujours la vie facile pour Dominik, l'adolescent du Val d'Ultimo (la valleée du Dernier!) qui vivait mal le divorce de ses parents et tentait d'oublier en buvant un peu trop. pour lui chenger les idées, on l'avait envoyé à l'estivage deux saisons de suite sur les montagnes environnantes.

+Parigi+ pour Rulfi, +Domme+ pour ses partenaires, Paris a retrouvé la paix intérieure. Désormais, il se défoule avec la musique métal, tout à la fois chanteur et guitariste à ses heures perdues.

Bien de son temps et de son âge donc, mais aussi attaché au passé. On découvre ainsi Dominik en costume 1900 de montagnard tyrolien chic sur son site internet (www.dominikparis.com).

Il est de la même vallée que Franz Gamper, l'entraîneur du Norvégien Aksel Lund Svindal. Lauréat la veille du super-G mais seulement 9e samedi, le skieur d'Oslo a abandonné la tête de la Coupe du monde de descente à Paris. Il a aussi laissé des points précieux dans sa lutte avec l'Autrichien Marcel Hirscher pour le classement général.

Dimanche, le roi des piquets, qui mène 935 points à 876, est attendu comme le messie en slalom.

asc/eb