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25/01/2013 04:52 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

Washington met fin à sa coopération avec la Russie sur la société civile

Washington a annoncé vendredi la fin de sa coopération gouvernementale avec Moscou concernant l'appui américain à des organisations russes de la société civile, sur fond de tensions entre les deux pays sur les droits de l'homme et les libertés.

"Nous avons décidé de nous retirer du Groupe de travail sur la société civile de la Commission présidentielle américano-russe, à la lumière de mesures récemment prises par le gouvernement russe imposant de fortes restrictions sur la société civile", a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

Elle faisait référence à des décisions de Moscou ces derniers mois visant les associations et ONG russes bénéficiant de financements américains. La Russie a aussi interdit depuis le 1er octobre les activités de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), accusée d'ingérence dans la politique russe. L'USAID finançait depuis 20 ans des associations de défense des droits de l'homme et ONG russes, dont certaines ont dénoncé des fraudes aux législatives russes fin 2011.

"Nous restons engagés dans un dialogue avec le gouvernement russe sur les questions de la démocratie et des droits de l'homme, mais ce Groupe de travail (sur la société civile) ne fonctionnait pas", a insisté Mme Nuland. "Nous allons plutôt continuer de soutenir directement les organisations de la société civile qui veulent travailler avec nous", a-t-elle ajouté.

Washington et Moscou ont connu un regain de tensions diplomatiques fin 2012 avec le vote en Russie d'une loi interdisant l'adoption de ses ressortissants par des Américains. Ce texte est une réplique à la "liste Magnitski", une loi américaine interdisant de séjour aux Etats-Unis des Russes impliqués dans la mort en prison en 2009 de l'avocat Sergueï Magnitski ou dans d'autres violations des droits de l'homme.

Les deux anciens adversaires de la Guerre froide entretiennent des rapports tendus, mais coopèrent aussi sur de grands dossiers internationaux comme l'Iran.

"Nous continuerons à travailler avec la Russie sur des questions bilatérales, régionales ou mondiales. Mais nous parlerons aussi franchement de nos désaccords qu'il s'agisse de l'intégrité territoriale de la Géorgie, des droits de l'homme ou de la Syrie", a résumé Mme Nuland.

nr/rap