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25/01/2013 11:18 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

USA: ex-pilote dans l'armée, Mary Hegar voulait combattre au sol

Le major Mary Hegar s'est battue en justice contre la mesure qui lui interdisait de combattre à cause de son sexe: l'heure de la victoire a sonné pour cette ex-pilote d'hélicoptère quand le Pentagone a autorisé les femmes à participer directement au combat.

A 36 ans, Mary Hegar s'apprête elle-même à quitter l'armée américaine après avoir été blessée en 2009 en Afghanistan à bord de l'hélicoptère qu'elle pilotait.

Elle aussi a dû combattre. Elle volait au secours de trois soldats blessés, lorsque des talibans ont commencé à tirer sur son appareil. Elle a répondu mais des blessures de shrapnels lui interdisent depuis de voler. Distinguée par l'attribution de deux médailles prestigieuses --la Purple Heart et la Distinguished Flying Cross--, l'officier confesse que l'action lui manque "terriblement".

"Je suis droguée à l'adrénaline, je fais du vélo tout-terrain, de la chute libre et d'autres trucs comme ça. Ca me tue que mon escadron soit là-bas (en Afghanistan) en ce moment et que je n'y sois pas", confie à l'AFP cette mère de trois enfants installée à Austin, au Texas.

A ceux qui soutiennent que les femmes au combat ne peuvent pas "y arriver", elle répond: "J'aimerais qu'ils me le disent en face. C'est comme dire que le Terre est plate".

Parce que les règles de l'armée lui interdisaient de s'engager dans une unité combattante au sol, ce qu'elle "aurait adoré", elle a décidé de la quitter. Et de la poursuivre en novembre 2012 pour discrimination à l'aide de l'ACLU, la puissante Union américaine pour les libertés civiques.

Mais jeudi, le secrétaire à la Défense Leon Panetta a accédé à son souhait, autorisant les femmes à participer directement au combat, une décision historique qui entérine une réalité survenue de fait au cours des dix dernières années en Irak et en Afghanistan.

"Je suis prudemment optimiste sur la signification de tout cela", souligne Mary Hegar: "Tant qu'il n'y a rien de définitif, écrit noir sur blanc, qui corresponde à ce que nous demandons dans notre plainte, nous ne le retirerons pas".

D'un point de vue personnel, cette décision lui ouvre la possibilité de retourner dans l'armée, à un poste qui la satisferait. "Je pensais que les poursuites dureraient des années, donc je ne m'étais pas vraiment demandé s'il est trop tard ou pas pour moi pour y retourner".

Sa fille aînée, Yellow, elle, est ravie. Quand elle a accompagné sa mère à la cérémonie de remise de ses médailles, "elle rayonnait", sourit Mary Hegar: "Je pense que c'est pour cela qu'elle dit aujourd'hui qu'elle veut intégrer l'armée".

"L'autre jour, elle est venue me voir, quasiment en pleurs, parce qu'un adulte lui avait dit que c'était un métier pour les garçons, qu'elle ne pouvait pas le faire", se rappelle-t-elle. Sa réponse a été simple: "Hey, pourquoi tu ne retournes pas le voir pour lui dire ce qu'a fait ta mère?".

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