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25/01/2013 11:33 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

Un projet de gare intermodale de 100 millions $ et 600 emplois pour Valleyfield

SALABERRY-DE-VALLEYFIELD, Qc - D'ici 2015, la ville de Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie, deviendra le coeur d'un réseau ferroviaire de près de 34 000 kilomètres de voies ferrées reliées aux États-Unis.

Ce projet de gare intermodale, dévoilé vendredi, représente des investissements de 100 millions $ pour CSX Transportation, une entreprise américaine de Jacksonville, en Floride.

Pas moins de 600 emplois seront créés durant toute la période de construction qui s'amorcera ce printemps. Environ 300 autres seront développés lors de la mise en exploitation du terminal qui reliera Salaberry-de-Valleyfield à une vingtaine d’États américains.

Le gouvernement injectera une somme totale de 12,6 millions $ dont 6 millions $ couvriront le volet environnemental et 6,6 millions $, les infrastructures, a confirmé le ministre des Transports du Québec, Sylvain Gaudreault.

Pour le ministre Gaudreault, ce n'est pas seulement la région qui sort gagnante dans ce projet.

«Ça représente aussi beaucoup pour le Québec parce que ça s'inscrit carrément dans la volonté de notre gouvernement d'aller vers une réduction des gaz à effet de serre, de développer des modes de transport qui ont un impact carbone diminué et qui vont conduire progressivement le Québec à son indépendance énergétique.»

Le ministre a insisté sur le lien entre le transport par camion et la pollution.

«Quarante-trois pour cent des émissions de gaz à effet de serre viennent du transport. Quand on parle de trains, de gare intermodale, ça fait moins de camions sur les routes, moins de conteneurs qui transitent sur les routes.»

Le terminal aura une capacité de transbordement de 100 000 conteneurs par année pour le transport de marchandises.

Le maire de Salaberry-de-Valleyfield, Denis Lapointe, a précisé que les aménagements de CSX se traduiront par une délocalisation de la voie ferrée qui traverse actuellement les secteurs résidentiel, commercial et institutionnel. Les futures installations feront aussi en sorte de mettre en valeur le potentiel du parc industriel et portuaire de la ville.

«Ce projet permettra le développement d’une zone d’excellence dans le domaine du transport, du transbordement et de la logistique à valeur ajoutée. Nous devenons aujourd’hui un véritable carrefour économique continental intermodal de transport de marchandises», a indiqué le maire Lapointe, qui n'hésite pas à présenter sa ville comme une «porte d’entrée stratégique» du corridor commercial Canada, États-Unis et Mexique.

C'est précisément ce développement portuaire accru qui fait sourciller certains membres de l'administration du Port de Montréal.

Le porte-parole du Port de Montréal, Yves Gilson, a déploré le fait que l'entreprise CSX était américaine et qu'elle était reliée au Port de New York.

«On s'interroge si ça ne va pas avoir un effet sur tous nos partenaires et sur tous les partenaires de la chaîne logistique de transport au Québec parce qu'il ne faut pas oublier que le Port de Montréal n'est pas relié à CSX; CSX est relié au Port de New York.»

Selon M. Gilson l'industrie du transport en sera affectée.

«D'un point de vue logique, on préfère garder des activités au Port de Montréal et encourager l'industrie de transport et de la logistique qui travaille avec le Port de Montréal et je pense beaucoup aux entreprises de transport routier (qui veulent) continuer à faire affaire avec le Port de Montréal plutôt que de voir leurs cargos être mis sur des trains et être envoyés dans un port concurrent.»

De Davos, où elle participe à une mission économique, la première ministre Pauline Marois n'y voit toutefois aucun problème de concurrence.

«Je ne crois pas que le Port de Montréal doit s'inquiéter. C'est un marché différent. Et parfois, la présence de transporteurs ou d'équipements plus efficaces attire des clients, alors je crois qu'au contraire, cela risque d'augmenter le volume de transfert des marchandises», a commenté Pauline Marois.

De son côté, Michael J. Ward, président et chef de la direction de CSX, estime que l'implantation de son projet favorisera la croissance économique et le développement de nouvelles entreprises.

En marge des retombées économiques, l'argument environnemental a aussi été invoqué, en raison des bénéfices sur le plan du transport. Le détournement d'un important volume de camions qui quitteront les routes pour laisser leur changement poursuivre leur trajet sur rail devrait améliorer le bilan carbone du transport commercial, estime le promoteur.