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25/01/2013 02:34 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

Pots-de-vin allégués à Saadi Kadhafi: SNC-Lavalin appelle à la prudence

MONTRÉAL - SNC-Lavalin a soutenu vendredi qu'elle n'avait encore jamais pris connaissance d'une déclaration contenue dans un mandat de perquisition de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et qui révèle des informations fracassantes.

Celles-ci font notamment état de pots-de-vin de 160 millions $ à un fils Kadhafi et de tentatives d'organiser l'exil de la famille Kadhafi vers le Mexique.

Le Groupe de lutte contre la corruption internationale de la GRC y affirme notamment que la société québécoise a payé 160 millions $ de pots-de-vin à Saadi Kadhafi pour obtenir des contrats en Libye.

D'anciens dirigeants de SNC-Lavalin (TSX:SNC) auraient également planifié l'exil de Saadi Kadhafi et de sa famille vers le Mexique alors que la révolte faisait rage en Libye, peut-on lire dans le document de 59 pages obtenu par la voie des tribunaux par trois médias, soit le Globe and Mail, La Presse et le National Post.

Dans un communiqué transmis peu après la publication de ces informations, la multinationale a appelé à la prudence en plaidant que le mandat «contient de l'information non prouvée».

SNC-Lavalin a ajouté vouloir «régler cette situation rapidement devant les tribunaux» et a assuré qu'elle continuerait à «mettre tout en oeuvre pour aider les autorités à aller au fond des choses aussi vite que possible».

«C'est la première fois que SNC-Lavalin prend connaissance de cette déclaration, a précisé la direction de l'entreprise. Bien qu'elle contienne une bonne partie des informations que la société et son conseil avaient volontairement fournies en mars 2012, elle révèle également certaines informations qui nous étaient inconnues à ce jour. Nous ne pouvons établir la véracité de certaines allégations figurant à la déclaration.»

La vice-présidente principale des communications de SNC-Lavalin, Leslie Quinton, a refusé de préciser quelles informations en particulier étaient connues ou inconnues de l'entreprise.

Dans un courriel envoyé à La Presse Canadienne, elle a écrit qu'«aucun commentaire ni aucune hypothèse ne sera émis sur l’information contenue dans la déclaration, et ce, pour éviter de compromettre les enquêtes en cours».

C'est une autre tuile qui s'abat sur le géant québécois de l'ingénierie, qui a fait les manchettes à plusieurs reprises au cours des derniers mois pour des histoires de corruption.

En novembre dernier, les policiers de la Sûreté du Québec travaillant au sein de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ont arrêté l'ex-pdg de l'entreprise, Pierre Duhaime. L'homme d'une cinquantaine d'années a été accusé de complot de fraude, de fraude et d'usage de faux documents.

Son successeur, l'Américain Robert Card, s'est engagé à faire du rétablissement de l'intégrité sa priorité à la tête de SNC-Lavalin.

L'action de l'entreprise a perdu 25 cents à la Bourse de Toronto, vendredi, clôturant à 44,88 $.