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25/01/2013 06:19 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

Mali: les jihadistes font exploser un pont, les forces progressent vers Gao

SÉVARÉ, Mali - Les extrémistes islamistes présents dans la ville malienne d'Ansongo ont détruit un pont près de la frontière avec le Niger, ont déclaré des responsables vendredi. Il s'agit du premier incident connu dans lequel les jihadistes ont recours à des explosifs depuis le début de l'opération militaire française au Mali, il y a deux semaines.

L'explosion montre que les extrémistes restent un ennemi redoutable malgré les gains réalisés par les forces françaises et maliennes, qui ont repris trois villes aux insurgés et qui se dirigeaient vendredi vers le bastion islamiste de Gao, l'une des trois capitales provinciales contrôlées par les rebelles liés à Al-Qaïda.

Djibril Diallo, chef du village de Fafa, à environ 20 kilomètres du pont, a déclaré vendredi en entrevue téléphonique que des résidants l'avaient appelé pour confirmer que des combattants du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) s'étaient rendus jeudi près de la localité de Tassiga, en direction de la frontière avec le Niger, où ils ont fait exploser le pont qui mène à la ville.

L'opération a été menée par des combattants du MUJAO basés à Ansongo, à environ 40 kilomètres de Tassiga.

«C'est tout à fait vrai. Ils l'ont fait exploser. C'était hier soir vers 21 h. Les islamistes ont quitté leur base à Ansongo après les frappes aériennes et se sont rendus en direction de la frontière nigérienne. Ils ont provoqué l'effondrement du pont près de la ville de Tassiga, pas très loin du Niger», a déclaré M. Diallo.

Une porte-parole de Médecins sans frontières, Julie Damond, a déclaré que l'explosion du pont n'avait pas fait de victime directe. Mais elle a souligné que plusieurs personnes étaient soignées à l'hôpital d'Ansongo après avoir été blessées quand l'autobus dans lequel elles circulaient est tombé dans un trou dans le pont causé par l'explosion.

L'attaque rappelle les tactiques employées par les insurgés en Irak et en Afghanistan. Elle semble avoir pour but de freiner l'avancée des troupes africaines stationnées au Niger, qui devraient entrer au Mali par la route en passant par Tassiga pour tenter de reprendre le contrôle de Gao.

L'attaque du pont de Tassiga soulève des inquiétudes sur la sécurité d'un autre pont stratégique qui mène directement à Gao, ont indiqué des responsables.

Un élu du nord du Mali, qui a réclamé l'anonymat par crainte de représailles, a déclaré que des combattants du MUJAO avaient été vus durant la nuit sur le pont qui mène à Gao, et que certaines informations laissaient croire qu'ils allaient le bombarder.

Malgré ces reculs, les forces maliennes et françaises au sol ont avancé vendredi vers Gao, selon des résidants et des responsables de la sécurité. C'est la première fois que les troupes avancent autant vers le nord et l'est depuis le début de l'opération, il y a deux semaines. Les soldats ont été aperçus dans la ville de Hombori, ont affirmé des résidants.

«Il y avait huit véhicules tout-terrain et deux véhicules blindés», a déclaré Maouloud Daou, qui vit à Hombori. «Ils nous ont demandé s'il y avait des islamistes dans la ville et nous leur avons dit qu'ils étaient partis. Les gens étaient vraiment contents de voir les soldats maliens et français.»

Hombori est située à 150 kilomètres au nord de l'actuelle ligne de contrôle de Douentza, une localité reprise par les forces gouvernementales plus tôt cette semaine. Cette avancée vers le nord place les forces maliennes et françaises à seulement 250 kilomètres de Gao.