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25/01/2013 02:40 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

Les TCA blâment les détenteurs d'obligations dans le dossier Nortel

TORONTO - Le syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) impute aux détenteurs d'obligations la responsabilité de l'échec des efforts de médiation visant le partage des actifs restants de la société en faillite Nortel, d'une valeur de près de 9 milliards $.

Un porte-parole des négociations a affirmé jeudi que le juge en chef de l'Ontario, Warren Winkler, appelé à diriger le processus de négociation, avait conclu que des efforts additionnels ne serviraient à rien. Il s'agit d'un troisième échec dans ce dossier.

Les TCA ont réagi vendredi en déplorant que les lois et règlements du Canada en matière de faillite permettent un traitement injuste des anciens employés de Nortel, ainsi que de ses retraités et de ses employés atteints d'une invalidité de longue durée, pendant que les détenteurs de la dette de Nortel peuvent réclamer un paiement complet.

Selon le président national des TCA, Ken Lewenza, «comme pour les deux précédentes médiations, l'impasse résulte du fait que les détenteurs d'obligations de Nortel, qui ont acquis leurs obligations au prix de 20 cents par dollar, voulaient non seulement obtenir la pleine valeur de ces obligations, soit près de 4,5 milliards $, mais également les intérêts courus depuis des années sur ces titres».

M. Lewenza a ajouté avoir «du mal à imaginer une situation plus injuste qu'une faillite dans laquelle des détenteurs d'obligations s'attendent à recevoir plus que ce qu'ils ont payé».

Parmi les nombreux créanciers de Nortel figurent les retraités de l'entreprise, d'anciens employés atteints d'une invalidité de longue durée, les détenteurs d'obligations, des fournisseurs et des gouvernements. Bien que la plupart des travailleurs de Nortel n'étaient pas syndiqués au moment de l'effondrement de la société, certains profitaient de conventions collectives et des retraités avaient été membres du syndicat.

On ignore quelles seront les prochaines étapes dans le cadre de cette affaire.

À son apogée, le fournisseur d'équipement d'Ottawa valait près de 300 milliards $ et employait plus de 90 000 personnes à travers le monde.

Lors du boom technologique de 1999-2000, Nortel était considérée comme l'une des sociétés les plus importantes au Canada. Ses actions ont alors atteint un sommet de 124,50 $.

Durant les années qui ont suivi, un scandale comptable impliquant des cadres supérieurs de l'entreprise a éclaté et les actions de la société ont plongé.

En 2009, Nortel a fait faillite en Amérique du Nord et en Europe, ce qui a entraîné la perte de milliers d'emplois.

Depuis, l'entreprise a vendu ses activités restantes à différents acheteurs pour plus de 7,8 milliards $, dans le cadre de l'une des plus grandes ventes d'actifs de l'histoire canadienne.