DIVERTISSEMENT
25/01/2013 07:25 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

Le dramaturge Robert Lepage adapte au cinéma sa pièce Lipsynch (ENTREVUE)

Zabmag

On n'avait pas vu un film de Robert Lepage depuis La face cachée de la lune en 2003. Cette année, le dramaturge revient au 7e Art avec Triptyque, une adaptation cinématographique très personnelle de sa pièce de théâtre Lipsynch. Coréalisé avec Pedro Pires, le film, dont la sortie en salles est prévue pour l'automne 2013, met en scène le parcours tortueux d'âmes blessées par la vie.

Sur les planches, Lipsynch ne dure pas moins de neuf heures et se décortique en une flopée de personnages qui cherchent leur place dans un univers social impitoyable. Sur pellicule, Robert Lapage a vite compris qu'il devait faire quelques changements. «Bien que le film Triptyque soit plus court et les personnages moins nombreux que dans la pièce, l'important était de réussir à préserver l'esprit de l'œuvre tout en narrant une histoire auquel on peut s'identifier», confie Robert Lepage en entrevue.

Le dramaturge s'est associé avec Pedro Pires, cinéaste connu pour ses courts métrages tels que Hope et Danse macabre. «Ma rencontre avec Pedro a enfin été l'occasion rêvée de faire de ma pièce un film. Il est un réalisateur talentueux qui connaît très bien le langage du cinéma», affirme Lepage.

Comme son titre l'indique, Triptyque se divise en trois parties et chacun de ces chapitres s'attarde sur le parcours d'un personnage. «Tous les trois sont à la croisée des chemins. Il y a tout d'abord Thomas, un neurologue qui travaille à Londres. En pleine crise existentielle, il rencontre Marie, le deuxième personnage du film. Elle est chanteuse, mais elle doit subir une dangereuse opération au cerveau qui va bouleverser son existence», raconte-t-il.

Et la troisième partie? «Elle concerne Michelle, la sœur de Marie. Bien qu'elle soit diagnostiquée schizophrène, elle tente de réinsérer dans la société», poursuit Lepage. Ses personnages n'évoluent pas en vase clos. «Ils dépendent les uns des autres. Ensemble, ils vont tenter de s'aider mutuellement afin de reconstruire leur vie», dit-il.

Pour Robert Lepage, le cinéma devient l'art idéal pour approfondir davantage la psychologie de ses personnages. «Le théâtre a toujours une force d'évocation très forte pour moi, mais le cinéma permet parfois de pousser les choses un peu plus loin», dit-il.

Le dramaturge a mis beaucoup de lui-même dans cette œuvre. «C'est vrai que Thomas me ressemble. Il a mon âge et mes préoccupations», déclare-t-il. Malgré tout, Triptyque fait l'économie des mots. «Bien que la voix soit le thème du film, on y parle peu. En fait, le langage, ce sont d'abord les images. Et puis, j'ai surtout voulu faire un long métrage empli d'émotions, de poésie et d'espoir», dit-il.