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25/01/2013 10:50 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

Irak: six personnes tuées en Irak après des tirs de l'armée à Falloujah (responsables)

Six personnes ont été tuées et 35 autres blessées lorsque l'armée irakienne a ouvert le feu vendredi pour disperser une manifestation anti-gouvernementale à Falloujah, une ville à majorité sunnite à l'ouest de Bagdad, selon des responsables.

Il s'agit des premières victimes à imputer aux forces de sécurité irakiennes depuis le début, il y a un mois, d'une vague de manifestations de la minorité sunnite, qui proteste contre la politique du gouvernement de Nouri al-Maliki, dominé par les chiites.

La majorité des morts et des blessés a été touchée par balle, a affirmé Khaled Khalaf al-Rawi, médecin à l'hôpital de Falloujah.

Les manifestants se dirigeaient vers une zone de l'est de Falloujah mais ont été bloqués par des soldats, a indiqué un capitaine de la police irakienne. Ils ont commencé à lancer des bouteilles d'eau en direction des soldats, qui ont alors ouvert le feu, selon cet officier.

Les autorités ont ordonné le retrait de l'armée, laissant la police en charge de la sécurisation de la ville, a indiqué à l'AFP Saadoun Chaalan, un conseiller de la province d'al Anbar où se situe Falloujah. Les hauts-parleurs des mosquées ont lancé des appels au calme et un couvre-feu a été instauré.

D'autres manifestations se déroulaient à Ramadi, chef-lieu de cette province et dans les villes de Samarra, Mossoul et Baqouba, au nord de Bagdad, après la prière du vendredi.

Plusieurs rassemblements se tenaient par ailleurs dans des quartiers sunnites de Bagdad.

A Ramadi où la contestation a commencé, les manifestants mobilisés depuis un mois bloquent une autoroute qui se scinde en deux branches pour relier Bagdad à la Jordanie et à la Syrie.

A Baqouba, capitale de la province de Diyala au nord de Bagdad, les manifestants brandissaient des drapeaux appelant à la "chute du régime", et des bannières proclamant "l'Iran dehors, Bagdad toujours libre". Des sunnites accusent le gouvernement irakien d'être sous l'influence de l'Iran chiite.

"Le gouvernement devrait répondre immédiatement aux demandes des manifestants, avant que nous commencions une révolution et que nous le renversions", a déclaré un chef tribal désilant à Baqouba, Hassan al-Zaïdi.

"Il doit y avoir un accord au sujet des demandes" a affirmé Sadr el-Din al-Qoubanji, responsable au Conseil suprême islamique de l'Irak, formation politique chiite, lors de son prêche dans la ville sainte de Najaf, au sud de Bagdad.

"Personnes ne peut affirmer que le gouvernement est innocent de toute erreur", a-t-il ajouté.

Si les autorités ne répondent pas aux demandes des manifestants, a mis en garde M. Qubanji, "il y aura une alternative qui peut faire s'effondrer tout le processus politique en Irak."

Les sunnites ont commencé à manifester dans l'ouest et le nord de l'Irak, dans des zones où ils sont majoritaires, quelques jours après l'arrestation le 20 décembre de gardes du corps du ministre sunnite des Finances, Rifaa al-Issawi.

Pour apaiser les manifestants, les autorités irakiennes ont annoncé mardi la libération de 888 détenus en deux semaines.

Outre la libération de prisonniers détenus d'après eux sans inculpation, les contestataires exigent l'abrogation de lois antiterroristes utilisées, selon eux, à l'encontre de la communauté sunnite par le gouvernement Maliki.

Ces manifestations qui réclament désormais la démission du Premier ministre, ont renforcé l'opposition contre M. Maliki, accusé d'autoritarisme par ses détracteurs sunnites, mais aussi kurdes et chiites, membres de son gouvernement d'union nationale.

Elles ont aggravé une crise politique qui perdure, à trois mois d'élections provinciales cruciales qui constitueront un test pour M. Maliki et ses opposants, avant des élections nationales en 2014.

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