POLITIQUE
25/01/2013 08:19 EST | Actualisé 27/03/2013 05:12 EDT

Conditions de vie des étudiants: Québec veut mener une enquête (exclusif)

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BERLIN, GERMANY - OCTOBER 11: Student Lars Alt works on a laptop prior to the beginning of the winter semester on October 11, 2011 in Berlin, Germany. German universities recorded a record 2.218 million matriculations in the 2010/2011 winter semester, a rise of 4.5%, and expect even more students in the coming winter semester, which starts in October. The end of compulsory military service in the Bundeswehr, the German armed forces, which went into effect earlier this year, is a major contributing factor to the rise in the numbers of students arriving at universities across the country. (Photo by Adam Berry/Getty Images)

Presqu’un an après le début du Printemps érable, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie a décidé d’enquêter sur les conditions de vie des étudiants québécois en 2013. Une vaste étude dont les résultats ne seront connus qu’après le sommet sur l’enseignement supérieur initié par le ministre Pierre Duchesne.

Selon les informations publiées sur le site du Système électronique d’appel d’offre du gouvernement du Québec (SEAO), l’enquête se déroulerait au cours du printemps 2013, soit entre le 12 mars et le 20 mai. Elle visera uniquement les étudiants québécois des niveaux collégial et universitaire ainsi que ceux inscrits dans un diplôme d’enseignement professionnel.

De plus, la firme de sondage retenue devra, toujours selon l’avis du SEAO, compléter «au moins 6 000 entrevues téléphoniques, dans un court laps de temps, à partir d’un échantillon de 10 000 étudiants inscrits à temps plein à l’automne 2012».

D’après les évaluations du ministère, le mandat d’une telle enquête devrait se chiffrer entre 45 000 et 65 000 dollars. Lors de la fermeture de l’appel d’offre – le 24 janvier dernier - seulement deux firmes avaient soumissionné pour la réalisation du mandat.

Une enquête attendue

Du côté des deux principales fédérations étudiantes, la volonté du ministère de l’Éducation de procéder à cette vaste enquête est très bien accueillie. Une telle étude aurait été souhaitable depuis longtemps, et ce, même dans la tourmente de la grève étudiante, estime Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

«C’est la troisième tentative du ministère de procéder à une telle enquête depuis cinq ans. Souhaitons que celle-ci soit la bonne», ironise-t-elle.

La présidente de la FEUQ souligne que le ministère de l’Éducation avait réalisé en 2008 et 2009 une vaste enquête sur les conditions de vie. Or, pour des raisons encore nébuleuses concernant la méthodologie employée, celle-ci n’a jamais été rendue publique. Idem en 2012 : après l’appel d’offre sur le SEAO, le ministère avait annulé sa requête. Sans donner d'explication.

Son homologue à la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Éliane Laberge, espère elle que cette nouvelle étude aura pour conséquence de donner un apercu fidèle du vécu des étudiants.

«J’espère qu’il n’y aura pas de débat sur les chiffres ou la méthodologie, et que ça sera un outil pour briser les mythes de la réalité des conditions de vie des étudiants», déclare-t-elle.

La dernière étude sur la question a été produite en 2009 par la FEUQ. Selon Martine Desjardins, le contexte de 2013 devrait, par contre, mettre en relief des réalités nouvelles, comme: le travail en dehors des heures d’études, l’utilisation du crédit ou encore le coût du logement étudiant.

Des données qu’il serait intéressant de connaître pour brosser un meilleur portrait de la situation, estime la présidente de la FEUQ. «C’est également la volonté de la FEUQ de réaliser une telle enquête, mais en automne 2013», conclut-elle.

Le ministère n’était pas en mesure de commenter l’octroi du mandat avant la mise en ligne du texte.

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