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24/01/2013 04:02 EST | Actualisé 26/03/2013 05:12 EDT

Netflix brasse le monde de la télévision avec sa propre série, «House of Cards»

NEW YORK, États-Unis - Le service de vidéos en ligne par abonnement Netflix s'apprête à lancer sa propre série télévisée originale, «House of Cards», et espère que son thriller politique fera pour elle ce que les «Sopranos» ont fait pour la chaîne HBO.

Question de brasser les cartes d'une industrie habituée aux chaînes de télévision câblées, Netflix usera d'une stratégie de diffusion encore inédite pour ce genre d'oeuvre. En effet, tous les épisodes de la première saison de son adaptation d'une série britannique seront disponibles d'un coup, au plus grand plaisir des gloutons de télévision.

«House of Cards» est un effort audacieux pour remodeler le paysage télévisuel avec le genre de projet prestigieux qui, jusqu'à maintenant, était réservé aux HBO, AMC et autres Showtime. Mais la nouvelle série, produite par le cinéaste David Fincher et mettant en vedette l'acteur américain Kevin Spacey, ne logera à aucune antenne et sera plutôt visionnée en ligne, sur des ordinateurs portables, ou alors retransmise directement sur les téléviseurs à écrans plats reliés à Internet.

Comme l'explique Kevin Spacey, «c'est une nouvelle série télévisée qui ne passe pas à la télévision».

Le 1er février, en rendant disponibles d'un seul coup les 13 épisodes de «House of Cards», Netflix pourrait bien marquer l'ouverture d'une période de transition pour le monde de la télévision. La migration des chaînes câblées vers Internet est déjà bien entamée chez YouTube, Hulu, Yahoo et d'autres sites web, mais jamais aucun projet n'a eu l'envergure de «House of Cards».

Il ne s'agit pas ici d'une production web à petit budget, mais plutôt d'une série qui ne rougirait pas devant les mégaproductions de HBO. Netflix aurait déboursé environ 100 millions $ US pour en réaliser les deux premières saisons.

La série britannique originale «House of Cards» s'était étirée sur trois saisons, entre 1990 et 1996, et était elle-même une adaptation de livres de l'auteur Michael Dobbs, un ex-politicien et conseiller de la première ministre Margaret Thatcher.

Elle mettait en scène Ian Richardson dans le rôle d'un politicien manipulateur qui partageait ses stratégies avides de pouvoir en s'adressant directement à la caméra. Ce protagoniste était un antihéros qui fait aujourd'hui figure de précurseur pour les personnages comme ceux de Walter White, dans «Breaking Bad», ou de Dexter Morgan, dans «Dexter».

Le studio indépendant Media Rights Capital, producteur des films «Ted» et «Babel», a acheté les droits de «House of Cards» et s'est assuré des services de David Fincher, ainsi que de Beau Willimon, scénariste qui avait été nommé aux Oscar pour son travail sur un autre drame politique, le film «The Ides of March» («Les Marches du pouvoir», en version française).

Netflix, qui fonctionne en marge des services d'évaluation de cotes d'écoute du monde de la télévision, n'a pas l'intention de dévoiler combien de ses abonnés visionneront «House of Cards». La société espère néanmoins que la série l'aidera à retenir ses 27,1 millions d'abonnés américains et à en attirer de nouveaux.

L'auditoire de «House of Cards» sera immédiatement mondial: la série sera rendue disponible dans un total de 50 pays et territoires, incluant le Canada.

Et Netflix n'entend pas s'arrêter là. En mai, elle lancera, de la même façon, la nouvelle saison de la comédie culte «Arrested Development», anciennement diffusée sur les ondes de Fox. Elle prévoit aussi lancer une émission du cinéaste d'horreur Eli Roth, une du créateur de «Weeds», Jenji Kohan, et une autre de l'humoriste britannique Ricky Gervais. Et une autre série d'émissions devrait voir le jour en 2014.