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24/01/2013 05:04 EST | Actualisé 26/03/2013 05:12 EDT

Lalonde, «porte-parole» des firmes collusionnaires à Montréal

PC

Michel Lalonde admet avoir joué un rôle clé dans l'organisation de la collusion pratiquée par des firmes de génie-conseil à la Ville de Montréal. Le PDG de Génius Conseil, anciennement Groupe Séguin, dit avoir agi comme « porte-parole » de l'ex-argentier d'Union Montréal auprès des firmes de génies-conseils pour organiser le partage des contrats entre collusionnaires.

Bernard Trépanier l'informait des projets à venir à la Ville et il transmettait l'information aux collusionnaires, a-t-il dit, avant de préciser que lui et M. Trépanier décidaient du partage des contrats : « On faisait ça ensemble ».

Ses interlocuteurs dans les firmes de génies impliquées dans le système étaient Yves Cadotte de SNC-Lavalin, Rosaire Sauriol Serge Duplessis de Dessau, Yves Théberge CIMA, Pierre Asselin de Tecsult, François Perreault de Genivar, Bernard Poulin et Dany Moreau de SM, Charles Meunier de BPR et France Michaud de Roche.

M. Lalonde précise que Bernard Trépanier a continué à jouer son rôle d'organisateur de la collusion même si, après 2006, il n'était plus officiellement l'argentier d'Union Montréal.

L'ingénieur Lalonde estime avoir donné en moyenne entre 50 000$ et 100 000 $ par année à Union Montréal entre 2005 et 2009.

Michel Lalonde reconnaît par ailleurs avoir donné en main propre de l'argent à Robert Marcil, ex-grand patron de la réalisation des travaux à la Ville de Montréal, pour s'assurer un contrat.

Mercredi, le pdg de Genius Conseil a confirmé que les contrats publics de la Ville de Montréal ont longtemps été gangrénés par un système de collusion qui profitait ultimement aux partis politiques.

Il a admis avoir lui-même contribué au financement des partis politiques avec de l'argent comptant en gonflant les coûts de ses contrats municipaux.

Il a indiqué que l'ancien argentier du parti Union Montréal, Bernard Trépanier, lui avait demandé une première somme de 100 000 $ en 2004 pour financer la campagne électorale de 2005. Par la suite, M. Trépanier aurait demandé à Genius Conseil une ristourne de 3 % sur les grands projets.

Selon Michel Lalonde, cette ristourne de 3 % était destinée à la caisse électorale du parti en prévision de l'élection municipale de novembre 2009. Michel Lalonde dit avoir fait son dernier versement de 3 % en 2009.

Après que Trépanier eut officiellement quitté ses fonctions d'argentier d'Union Montréal en 2006, Michel Lalonde pouvait aller payer la ristourne dans un local que Bernard Trépanier louait à Montréal, dans des restaurants, ou ailleurs. Le fait qu'il n'avait plus de fonctions officielles ne changeait strictement rien au stratagème, a affirmé Michel Lalonde.

Plus tôt, Michel Lalonde avait expliqué que des firmes de génie-conseil privées avaient intérêt à être « accommodantes » avec les entrepreneurs qui exécutaient leurs plans et devis et à leur accorder plus d'argent qu'ils n'en avaient réellement mérité pour leur travail.

L'entrepreneur qui profitait des largesses de la firme de génie renvoyait l'ascenseur en remettant 25 % de la somme obtenue en argent comptant à la firme de génie. Cet argent servait ensuite au financement des partis politiques, a affirmé Michel Lalonde, confirmant du coup des allégations déjà faites par l'entrepreneur Lino Zambito.

Michel Lalonde a aussi confirmé que le coût des contrats publics de la Ville de Montréal était gonflé de 25 % à 30 % en raison de l'effet de la collusion.

L'ingénieur a aussi confirmé l'identité de quelques firmes qui faisaient de la collusion pour les contrats d'égouts (Catcan, F. Catania, Garnier), de pavage (Soter, Simard-Beaudry) et de trottoirs (Mivela, CSF, ATG).

Une partie de son témoignage à venir pourrait être frappée d'une ordonnance de non-publication.

La procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui a déposé une requête à ce sujet, ne veut pas que son témoignage portant sur les projets Fiche (Boisbriand) et Faufil (Faubourg Contrecoeur) soit du domaine public.

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