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24/01/2013 12:56 EST | Actualisé 26/03/2013 05:12 EDT

Iran et climat: John Kerry dévoile les priorités de la diplomatie américaine

AP
Senate Foreign Relations Chairman Sen. John Kerry, D-Mass., sits before the committee he has served on for 28 years and led for the past four as he seeks confirmation as U.S. secretary of state, Thursday, Jan. 24, 2013, on Capitol Hill in Washington.Kerry, who is likely to face friendly questioning on a smooth path to approval, is President Barack Obama's choice to succeed Secretary of State Hillary Rodham Clinton who is stepping down after four years as America's top diplomat. (AP Photo/J. Scott Applewhite)

Le sénateur américain John Kerry, nommé secrétaire d'Etat par le président Barack Obama, a dévoilé jeudi les priorités de la diplomatie américaine, de la crise nucléaire iranienne à la lutte contre le changement climatique.

Le candidat malheureux démocrate à la présidentielle de 2004 a été désigné fin décembre pour remplacer Hillary Clinton à la tête du département d'Etat, mais sa nomination doit être entérinée par le Sénat.

Agé de 69 ans, ce vieux routier de la politique, héros du Vietnam et qui se targue d'avoir le "Sénat et la politique étrangère dans le sang" était auditionné toute la matinée par la prestigieuse commission des Affaires étrangères du Sénat, celle-là même qu'il a présidée pendant quatre ans jusqu'à ces derniers jours.

D'entrée, le sénateur a affirmé devant ses pairs que "la politique étrangère américaine ne se défini(ssait) pas seulement par les drones et les déploiements" de soldats sur les théâtres extérieurs.

Comme son homologue Chuck Hagel, nommé à la tête du Pentagone, M. Kerry est un sceptique de l'interventionnisme américain à tout crin et du recours aux forces armées comme fer de lance de la diplomatie.

Ils suivent la ligne du président Obama qui pilote depuis 2009 une politique étrangère marquée par une forme de retrait et de désengagement. Les Etats-Unis se sont retirés d'Irak, s'apprêtent à le faire d'Afghanistan et refusent d'intervenir militairement en Syrie ou au Mali.

Des experts relèvent toutefois que Barack Obama n'a pas hésité à employer la force en 2011 en Libye ou contre Ben Laden au Pakistan et qu'il est un adepte de la guerre des drones.

Pour tenter de résoudre le casse-tête du nucléaire iranien, M. Kerry a rappelé que son pays privilégiait, pour l'instant, une stratégie à double-voie, mêlant sanctions économiques et négociations diplomatiques.

"Le président l'a dit de manière définitive: nous ferons tout ce que nous devons faire pour empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire. Je le répète ici aujourd'hui: notre politique n'est pas d'endiguer mais de prévenir et l'heure tourne", a déclaré le sénateur.

Les grandes puissances et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran nie.

"Le président Obama l'a affirmé et réaffirmé, il préfère une solution diplomatique et je travaillerai pour donner à la diplomatie toutes les chances de réussir. Mais personne ne doit se tromper sur notre détermination à réduire la menace nucléaire", a encore déclaré M. Kerry.

Cet expert des relations internationales est aussi connu pour avoir rencontré, avant la guerre, le président syrien Bachar al-Assad. "Je ne pense pas qu'il restera longtemps à la tête de l'Etat", a affirmé M. Kerry.

Poursuivant son panorama, le probable patron du département d'Etat a expliqué que "la politique étrangère américaine se défini(ssait) aussi en termes de sécurité alimentaire et énergétique, d'aide humanitaire, de lutte contre les maladies et pour le développement".

"Le monde attend des Etats-Unis, la nation indispensable, qu'ils montrent la voie", a-t-il assuré. Comme ses prédécesseurs à la tête de la diplomatie de la première puissance mondiale, M. Kerry pense qu'"aucune autre nation ne peut faire avancer la cause de la démocratie et des droits de l'homme".

Plus novateur et faisant écho au discours du président Obama lundi, M. Kerry a aussi fait de la "question vitale du changement climatique" l'une de ses priorités. "Nous réagirons face à la menace du changement climatique, en gardant à l'esprit que ne pas le faire constituerait une trahison pour nos enfants et les générations futures", avait promis M. Obama. En arrivant au pouvoir en janvier 2009, le président américain avait suscité sur ce dossier d'énormes attentes, largement déçues depuis.

nr/rap

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