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24/01/2013 09:53 EST | Actualisé 26/03/2013 05:12 EDT

Canada: la chef amérindienne Theresa Spence met fin à son jeûne de 44 jours

La chef de la communauté amérindienne d'Attawapiskat au Canada, Theresa Spence, en grève de la faim depuis 44 jours à Ottawa, a mis fin à son action jeudi, ont annoncé ses partisans, tout en affirmant que "la lutte continue".

Mme Spence qui jeûnait depuis le 11 décembre pour appuyer les revendications des autochtones face à l'Etat canadien, a été hospitalisée mercredi soir pour un bilan de santé régulier, puis placée sous perfusion. Elle n'allait pas quitter l'établissement jeudi matin comme initialement prévu, a indiqué son porte-parole Danny Metatawabin.

Il a expliqué toutefois qu'elle "allait bien" tout en étant "fatiguée et faible", et qu'elle devait être gardée en observation. Elle a passé ses 44 jours de jeûne dans un tipi situé face au Parlement d'Ottawa.

"Nous avons réveillé la nation" amérindienne, a affirmé M. Metatawabin. "Le voyage continue, la lutte continue", a-t-il ajouté.

Le jeûne de Mme Spence, qui avait vécu pendant un mois et demi dans un tipi à Ottawa, non loin du parlement, avait fortement accru la visibilité des protestations amérindiennes.

La chef de la communauté d'Attawapiskat et un "aîné" amérindien, Raymond Robinson, également en grève de la faim, ont décidé de mettre fin à leur action après l'adoption d'une déclaration par des organismes autochtones et les deux principaux partis canadiens d'opposition.

Cette déclaration liste treize objectifs que les signataires, parmi lesquels le Nouveau Parti Démocratique et le Parti Libéral, se sont engagés à poursuivre face au gouvernement conservateur.

Mme Spence était soutenue par le mouvement de contestation Idle No More ("Nous ne sommes plus passifs") qui avait organisé depuis plusieurs semaines des manifestations à travers le pays pour demander au gouvernement d'améliorer la situation des communautés autochtones.

Les manifestants demandaient aussi au gouvernement de s'engager sur le partage des revenus provenant de l'exploitation des ressources naturelles.

Mme Spence avait demandé une rencontre entre les chefs indiens d'une part, le Premier ministre Stephen Harper et le Gouverneur général, représentant de la couronne britannique, David Johnston, d'autre part.

Pour les Amérindiens, c'est la Grande-Bretagne qui est partie aux traités dont ils demandent la révision, et la présence du Gouverneur général était indispensable.

MM. Harper et Johnston avaient bien rencontré des représentants autochtones, mais séparément, et M. Harper avait promis de s'impliquer dans un dialogue "de haut niveau" avec les Amérindiens. Mais plusieurs chefs ont estimé que le rendez-vous n'avait pas produit de résultats concrets.

via/sab/are