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24/01/2013 10:28 EST | Actualisé 26/03/2013 05:12 EDT

Benghazi: "rien ne justifie" l'avertissement britannique, selon Tripoli

Le vice-ministre de l'Intérieur libyen, Abdallah Massoud, a estimé jeudi que rien ne justifiait la mise en garde britannique contre la "menace spécifique et imminente" visant les Occidentaux à Benghazi, dans l'est du pays.

"Rien ne justifie cette réaction. Il y a des points d'interrogation sur ce communiqué" du ministère britannique des Affaires étrangères, a déclaré à l'AFP M. Massoud, exprimant son "étonnement" du ton "très musclé" utilisé par Londres.

Le Royaume-Uni avait mis en garde plus tôt jeudi contre "une menace spécifique et imminente" visant les Occidentaux à Benghazi, et appelé les citoyens britanniques à quitter immédiatement cette ville côtière.

"Nous reconnaissons qu'il y a des problèmes de sécurité à Benghazi et ceci depuis plusieurs mois. Mais il n'y a pas de nouvelles données qui puissent justifier cette réaction de Londres", a déclaré le responsable libyen en charge de la région orientale.

"Au contraire. Maintenant, nous sommes en train d'asseoir notre autorité dans l'Est et dans toute la Libye et les forces de sécurité s'organisent petit à petit et sont visibles de plus en plus sur le terrain", a-t-il ajouté.

Il a encore qualifié d'"étranges" les déclarations de Londres, affirmant que les autorités libyennes allaient demander des explications à Londres.

Londres n'a pas précisé la nature de la "menace" contre les Occidentaux mais sa mise en garde intervient au lendemain de la visite à Tripoli du conseiller à la sécurité nationale Nigel Kim Darroch, a-t-on appris de source officielle libyenne.

Selon cette source, M. Darroch a rencontré mercredi le Premier ministre libyen Ali Zeidan et son ministre de l'Intérieur Achour Chwayel. Les entretiens ont porté sur la coopération sécuritaire entre Tripoli et Londres, a ajouté la même source, sans autres précisions.

Berceau de la révolution qui a renversé le colonel Mouammar Kadhafi en 2011, Benghazi a été le théâtre récent de plusieurs explosions et d'une vague d'assassinats.

Ces actes de violence ont notamment ciblé des diplomates étrangers avec l'attentat le 11 septembre 2012 contre le consulat américain qui avait coûté la vie à quatre Américains, dont l'ambassadeur en Libye Chris Stevens, et l'attaque le 12 janvier contre le consul d'Italie.

En raison de ces violences meurtrières, plusieurs missions diplomatiques et des organisations internationales comme les Nations Unies ont réduit ou mis fin à leurs opérations à Benghazi.

Ces attentats sont généralement attribués aux islamistes radicaux, sévèrement réprimés sous Mouammar Kadhafi.

ila/sw