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24/01/2013 11:12 EST | Actualisé 26/03/2013 05:12 EDT

« S'aider plutôt que se déchirer » - Rogge

L'Agence mondiale antidopage contredit l'ancien président de l'UCI. Le CIO intervient et leur demande de s'entendre pour gagner la lutte contre le dopage.

Hein Verbruggen a prétendu mercredi dans la presse néerlandaise que l'UCI avertissait les athlètes en cas d'anomalies sanguines lors de tests antidopage, « pour le bien du sport », et que d'autres fédérations faisaient la même chose.

L'AMA a expliqué jeudi que les propos de Hein Verbruggen, président de l'UCi de 1999 à 2005, « vont à l'encontre de l'existence même des programmes sérieux de lutte antidopage ».

L'agence montréalaise dit n'avoir « aucune preuve confirmant que d'autres fédérations auraient discuté avec des athlètes d'anomalies apparues à tests antidopage. La fédération qui choisit cette voie s'expose à ce qu'on remette en question son impartialité et son intégrité ».

Ce nouveau différent entre les deux organismes n'a pas échappé au président du CIO, Jacques Rogge, qui regrette qu'il n'y ait pas front commun contre le dopage.

« Je plaide pour une collaboration honnête et sincère entre l'UCI et l'Agence mondiale antidopage, a dit le président du CIO à l'agence AFP. Il est dommage que les gens s'affrontent, car seule une synergie peut apporter un résultat favorable. »

Quant à la culpabilité éventuelle des derniers patrons de l'UCI dans le dossier Armstrong (Hein Verbruggen et Pat McQuaid depuis 2005), Jacques Rogge appelle à la prudence et rappelle les mesures mises en place.

« Les appels à la démission ne sont valables qu'à partir du moment où il y a des preuves patentes, rappelle le président du CIO. Ce sera le travail de la commission indépendante de l'UCI de déterminer s'il y a une culpabilité ou pas. D'abord enquêter et juger, et puis punir. Mais pas dans l'ordre inverse. »

Hein Verbruggen a reçu l'appui de l'ancien coureur Marc Madiot, aujourd'hui patron de l'équipe FDJ.

« C'est un peu facile de se prononcer avec quinze ans de recul, a-t-il affirmé jeudi à Paris. Je ne porte pas de jugements sur l'UCI, ils ont essayé de faire le mieux possible avec les moyens qu'ils avaient. J'ai lu que Hein Verbruggen prévenait les coureurs. Mais, à l'époque, il n'y avait pas les moyens juridiques pour bloquer les coureurs. Donc, il leur tapait sur l'épaule en disant : "Messieurs, on sait." Après, on peut interpréter ça en disant que c'est du copinage. Chacun y voit ce qu'il veut. »

« S'il est démontré que les gens de l'UCI n'ont pas fait leur boulot ou ont copiné avec Pierre, Paul ou Jacques, ils devront alors quitter leur poste », a ajouté Marc Madiot.