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23/01/2013 12:38 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

USA: les chimpanzés quasiment plus utilisés pour la recherche médicale

Les Instituts nationaux américains de la santé (NIH) ne vont quasiment plus utiliser de chimpanzés pour la recherche bio-médicale, acceptant ainsi des recommandations d'experts de l'Institut de médecine, selon un document publié sur leur site internet.

Les NIH "informent la communauté de la recherche qu'ils acceptent les recommandations de l'Institut de Médecine (IOM) et qu'en conséquence ils ne financeront plus aucun nouveau projet de recherche se servant de chimpanzés", indiquent-ils.

Les NIH préparent en même temps des instructions pour mettre en oeuvre les recommandations de l'Institut de Médecine émises en décembre 2011, ajoutent-ils dans ce document posté mardi soir sur leur site.

Les Instituts vont aussi revoir toutes les recherches en cours utilisant des chimpanzés, qui restent toutefois rares. Sur les 94.000 projets de recherche financés en 2011 par les NIH, seuls 53 étaient conduits sur ces singes.

Les experts indépendants consultés par l'Institut de médecine avaient conclu que la plupart des expériences scientifiques sur les chimpanzés n'étaient pas indispensables et devraient être strictement limitées.

Les Etats-Unis restent le seul pays industrialisé à utiliser des primates pour la recherche médicale, notamment pour l'hépatite C, le sida et le paludisme.

L'Union européenne a formellement interdit en 2010 l'utilisation des singes en laboratoire, suivant l'exemple du Japon, de l'Australie et d'autres pays.

Après le tollé provoqué dans les organisations de protection des animaux par le transfert en 2010 de 14 chimpanzés "retraités" renvoyés dans un laboratoire de recherche au Texas, les NIH avaient accepté d'attendre les conclusions des experts consultés par l'Institut de médecine sur l'utilité de ces recherches.

"Si par le passé les chimpanzés ont été très utiles à la recherche médicale, leur usage aujourd'hui n'est pas nécessaire dans la plupart des recherches médicales", avaient-ils conclu.

Les experts estimaient cependant que dans certains domaines le recours aux chimpanzés pourrait encore être indispensable comme dans la génomique comparative entre ces singes et les humains ou des maladies infectieuses émergentes.

Mais ils ne sont pas parvenus à un consensus sur la nécessité ou pas de conserver des chimpanzés pour la recherche sur un vaccin contre l'hépatite C, relèvent les NIH.

Le rapport des NIH, qui doit encore faire l'objet d'une période de consultation publique de 60 jours avant d'être finalisé, se prononce aussi pour conserver un groupe de 50 chimpanzés pouvant éventuellement servir à des travaux.

Mais ils spécifient que ces animaux devront être gardés dans des conditions de confort appropriées dans de larges espaces --au moins 90 mètres carré par animal-- leur permettant de vivre en groupe avec un libre accès à l'extérieur tout au long de l'année.

Il restait 937 chimpanzés pour la recherche aux Etats-Unis en 2011 dont environ 450 étaient financés par les NIH et les autres par des laboratoires privés.

En septembre 2012, les NIH avaient annoncé leur intention de mettre "à la retraite" 110 de ces chimpanzés dans le courant de 2013 pour les envoyer dans un sanctuaire en Louisiane où 109 se trouvent déjà.

js/mdm