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23/01/2013 02:45 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Tunisie: le secteur des phosphates ravagé par les conflits sociaux

La Tunisie a perdu les deux tiers de ses marchés à l'exportation du phosphate et le chiffre d'affaires du secteur a chuté de 66% depuis la révolution de janvier 2011 en raison des conflits sociaux à répétition, a relevé mercredi le PDG du géant tunisien du secteur.

"Nous avons perdu les deux tiers de notre potentiel à l'exportation en raison des mouvements de protestation", a déclaré, selon l'agence officielle TAP, Tahar Khouaja, PDG des entreprises d'Etat Groupe chimique tunisien (GCT) et Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG).

Il a noté que le chiffre d'affaires s'était écroulé de 66% passant de 2,714 milliards de dollars en 2010 à 901 millions de dollars en 2012.

A titre d'exemple, M. Khouaja a indiqué que le groupe avait dû s'acquitter d'une pénalité de retard de 500 millions de dollars en raison du blocage par des manifestants de six navires chargés de phosphates destinés à l'exportation.

GCT et CPG rencontrent "de grandes difficultés pour respecter les engagements avec les clients étrangers", a-t-il dit.

La production de phosphates, dont les revenus contribuent pour 10% au budget de l'Etat, était en 2012 à 30% des niveaux pré-révolutionnaires, selon des sources dans ces entreprises interrogées en fin d'année par l'AFP.

Les manifestations, grèves, débrayages et les occupations de locaux à répétition ont paralysé ces entreprises, alors que les protestataires réclament la création de milliers d'emplois dans les régions de Gafsa (mines) et Gabès (transformation).

M. Khouaja a souligné que malgré la chute considérable des revenus, près de 4.500 recrutements sont en cours. "Les deux groupes ont dépassé, de loin, leur capacité de création d'emploi", a-t-il souligné.

"Il faut créer la richesse pour pouvoir la répartir et investir dans le développement pour créer des opportunités additionnelles d'emploi", a-t-il relevé.

L'industrie des phosphates est cruciale pour la Tunisie qui en était le 5e exportateur mondial jusqu'à la révolution.

La révolution tunisienne a été largement nourrie par la misère et le chômage. Deux ans plus tard, les espoirs ont laissé place à la déception et les conflits sociaux, parfois violents, se multiplient.

alf/feb