NOUVELLES
23/01/2013 10:11 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Les Palestiniens doutent de progrès vers la paix après le scrutin israélien

AFP

Les Palestiniens se réjouissent de la déconfiture électorale du Premier ministre israélien de droite Benjamin Netanyahu mais n'attendent guère de progrès de la coalition qu'il devrait former avec des partis plus modérés que ses actuels alliés.

"Nous ne pensons pas que, soudain, la paix est à l'horizon. Ce sera très difficile, d'autant plus que si Netanyahu s'allie aux soi-disant partis modérés, cela le rendra plus acceptable au reste du monde et améliorera son image en Occident", a déclaré mercredi Hanane Achraoui, membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

M. Netanyahu est sorti affaibli des élections de mardi, mais reste le mieux placé pour former le prochain gouvernement, à la suite de la percée inattendue du parti centriste laïque de l'ex-journaliste Yaïr Lapid et du recul du bloc de droite.

"Il s'agit d'une correction" par rapport à la droitisation observée depuis des années, a estimé Mme Achraoui, ajoutant ne pas "s'attendre à l'émergence ou à la résurgence d'une coalition de paix ou d'un camp de la paix" en Israël.

Déplorant l'occultation du règlement du conflit israélo-palestinien dans la campagne, elle a souhaité un "réveil" de l'opinion israélienne.

"On ne peut pas ignorer ou éviter la question palestinienne et présenter l'Iran comme la menace stratégique quand, sous vos yeux, se trouve la véritable menace stratégique, non seulement pour Israël et la Palestine, mais pour toute la région: la poursuite de l'occupation israélienne", a plaidé Mme Achraoui.

"Les chances de paix ne vont pas soudain augmenter spectaculairement", a-t-elle prévenu. Compte tenu des projets de colonisation israéliens déjà engagés, elle a jugé "peu probable qu'il puisse y avoir une coalition qui annule ces plans".

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, regrettant lui aussi "l'intérêt assez mineur" accordé dans la campagne au conflit, a dit "souhaiter que 2013 ne soit pas une année blanche pour la paix et quelle que soit la composition du gouvernement, qu'il engage très vite avec les Palestiniens des négociations".

"Nous ne siègerons pas dans un gouvernement qui ne négociera pas avec les Palestiniens", a assuré le député élu Meïr Cohen, en quatrième position sur la liste du parti de M. Lapid.

Quelques heures avant l'annonce des résultats, les Etats-Unis, parrain du processus de paix, avaient réaffirmé leur attachement à une "solution à deux Etats", mais dit attendre de connaître la position du futur gouvernement israélien.

De son côté, le Hamas, au pouvoir à Gaza a affirmé que "les résultats des élections traduisaient la victoire de la résistance palestinienne, comme le montre le revers de Netanyahu après son échec face à la résistance à Gaza", en référence à l'opération israélienne dans l'enclave palestinienne en novembre.

"Malgré les grands changements sur la carte politique israélienne, ces partis s'accordent dans leurs programmes sur la poursuite de l'agression et de la négation de nos droits nationaux et le Hamas y fera face en augmentant l'unité nationale et en activant l'option de la résistance", avertit le groupe islamiste dans un communiqué.

Le président palestinien Mahmoud Abbas réclame pour reprendre les pourparlers de paix, arrêtés depuis septembre 2010, l'arrêt de la colonisation et la reconnaissance des lignes antérieures à la guerre de juin 1967 comme base de discussions.

M. Netanyahu rejette ces revendications et dit vouloir des négociations "sans condition préalable", en exigeant in fine la reconnaissance d'Israël comme "Etat du peuple juif" et le maintien sous son contrôle d'une partie du territoire d'un futur Etat palestinien.

sst/agr/tp